Turnhout – De Eemhof

En partant de Turnhout, accompagnés du grand Léo, nous arrivons rapidement en Hollande, puis en Belgique, puis en Hollande et comme ça 7 fois de suite sur quelques kilomètres. Pas ordinaire ! Apparemment la situation s’est stabilisée comme ça.

Ici, comme en Belgique, lorsqu’il y a une naissance on met des cigognes en carton, en plastique, en bois devant la maison avec le prénom de l’enfant. Merci à Léo (le grand) de nous avoir expliqué tout ça. Idem pour les vaches qui ne sont pas OGM (vous y aviez cru ?), mais sélectionnées pour leur arrière-train. Ce qui fait le régal des vétos puisque plus aucune naissance ne se fait sans césarienne.
Nous prendrons le bac plusieurs fois pour arriver à Utrecht, les enfants adorent, c’est toujours ça de moins en vélo. Nous traversons des paysages assez variés, plus que je ne l’aurais pensé. C’est beau, il y a un délicat fumet qui parfume l’air ambiant dans les zones d’élevage (c’est-à-dire partout où il n’y a ni bois ni maisons). Depuis Turnhout, il fait de plus en plus beau (malgré le vent du nord qui résiste aux cierges, trèfles…), c’est bien pour plein de raisons : école plus facile, moins de couches d’habits à enfiler le matin… et surtout, les champs sont fauchés et c’est top pour poser une tente – encore faut-il trouver le propriétaire du champ et lui faire comprendre que l’on veut dormir là et non dans son jardin !

Pour les courses, nous commençons à devoir nous adapter parfois par choix, style gouda vert criard (au pistou) – qui ne risque rien n’a rien. Parfois, par ignorance quant à la signification de l’étiquette, c’est comme ça que Pascal et les enfants ont fait un petit déj au lait caillé (karnemelk)… ils ont pas aimé. Quoique, dans le thé, ça fait une expérience intéressante : la chose précipite en prenant toute la couleur du thé. L’expérience s’est arrêtée là, personne n’a voulu boire.

Centre d’ Utrecht un vendredi soir, les vélos garés à touche-touche sur le bord des rues pavées pendant que leurs propriétaires boivent une bière sur le trottoir, tellement le bar est plein (genre le Bidule de Pornichet pour ceux qui connaissent). Toi tu viens de faire plus de 50 km, tu es un chouia fatigué et là tu te rends compte que sur ces autoroutes à vélos il faut faire attention aux voitures (quand même) mais aussi aux vélos qui foncent droit devant eux en klaxonnant pour te prévenir (quand ils le font) que tu vas te faire raser par un mec plus rapide que toi.

En fin de cette longue journée, notre pauvre, pauvre Lila que j’avais décrochée (c’est un peu dangereux en ville cette corde (tire-Lila) entre nous deux) fait une nouvelle chute sur du bitume râpeux, et pour être râpeux il râpe : le genou et le coude ! C’est un peu moins profond que la dernière fois, ça devrait guérir plus vite. Au camping, où nous finissons par arriver, je fais des pansements à Lila et elle va regarder son frère qui joue au bord de la rivière. Ca ne loupe pas, elle revient trempée, elle est tombée dans la rivière. Il faut refaire les pansements, il est presque 21h30, nous n’avons pas encore mangé…

Le lendemain nous allons à Amsterdam chercher des petits fauteuils de randonnée chez le fabricant, nous en avions déjà 2 (merci encore Gaëlle et Manu) mais 4 ce serait le pied, alors pourquoi se priver. On en profite pour regarder un peu la ville mais c’est le week-end de la Pentecôte et il y a vraiment trop de monde pour nous (mais que sommes-nous devenus, Pascal on savait déjà, mais moi ?). Dans la bataille nous n’avons pas trouvé de pharmacie pour Lila. Il n’y en a pas beaucoup et en plus elles sont fermées le samedi. Pendant que nous faisons les courses, une dame regarde le genou de Lila avec le pansement pitoyable qui pendouille, mais nous n’avons plus de gaze ni homéoplasmine (The pommade miracle). Elle parle français et nous propose de nous donner ce qu’il faut chez elle. Nous voilà dont chez Bonni (Espagnole, depuis 3 ans à Utrecht, après un passage à  Bruxelles entre autres) à prendre une bière en soignant Lila. Super moment, même pour Lila qui retrouve le sourire devant un bol de rondelles de saucisson et de pain. Quand à Léo il est dans une chambre à côté à prendre la pâtée sur une partie de Mario sur Wii, avec le fils de Bonni et un ami de celui-ci.

J’adore tous ces vélos, ces gens différents qui se croisent dans tous les sens. Tu passes de l’étudiante super sexy, au cadre costard cravate sur un vélo pourri qui couine tout ce qu’il peut en passant par un couple bcbg, la dame en jupe tailleur assise en amazone sur le porte-bagages. Sans parler de tous ces enfants posés à l’avant, à l’arrière, dans des caisses, des chiens dans la sacoche. Bref, c’est un festival pour les yeux.

Aujourd’hui (24 mai) nous sommes sur la route de, tenez-vous bien, Center Parc ! Cela fait presque 2 mois que nous sommes partis et les enfants qui, tout de même, ne râlent presque pas (trop), méritent bien ce petit luxe. Nous les parents allons tâcher de ne pas (trop) râler pendant ces presque 4  jours. Ce n’est pas gagné surtout pour le troll de la famille… Pendant la pause de midi où j’écris ces lignes, Léo est en train de travailler La gloire de mon père de Marcel Pagnol, ce n’est pas facile à comprendre, mais décortiqué ça fait de bonnes leçons d’éducation civique.

 Finalement, ce n’est pas pauvre, pauvre Lila, mais pauvre, pauvre, pauvre Lila. Notre dernière nuit en camping avant Center Parc est épique : Lila à 2 heures nous réveille, elle vient de vomir, heureusement en épargnant son duvet. Heureusement aussi, nous sommes dans un camping avec douche à volonté… Par contre, il faut me voir en pyjama, partie dans le noir aux tentes chercher une brosse à dents, et complètement paumée dans les bois où elles étaient censées se trouver… Finalement je retrouve mon chemin et Lila, le lendemain midi, s’enfile une barquette de fraises et se fait remorquer toute la journée.

Le camping dans lequel nous étions à Barlicum était très sympa, il y avait un coin randonneur dans les bois (donc), que nous partagions avec un couple de canadiens partis aussi en vélo pour quelques mois vers le Danube.

On commence à s’habituer au pays et à ne plus remarquer, par exemple, les nombreux vélos arrêtés devant chaque magasin. Mais il reste l’obstacle de la langue, et on garde une vision assez extérieure de la société néerlandaise.

Quant à Center Parc et sa rivière sauvage… Nous, les parents, sommes fourbus et les enfants se régalent. Actuellement ils regardent Dora l’exploratrice en Allemand, un bonbon vert gluant à la bouche en ayant l’air de prendre du bon temps, c’est dire !

Les photos sur Picasa

7 Réponses to “Turnhout – De Eemhof”

  1. Leo & Lut Says:

    Je suis très content pour vous que vous êtes enfin arrivés à CenterParcs Eemhof. Une enveloppe avec les 2 lettres en retard devait être au bureau de poste à Nijkerk, dont la prononciation de votre part reste pour moi formidable. Je me souviendrai toujours de ce jour que je vous ai accompagné au delà de la frontière, le style de cette Lila formidable sur son vélo, un style  » en danseuse » qu’on voit encore rarement dans le Tour de France. Seulement les grands grimpeurs le font ainsi! Fantastique de cette grande petite fille!
    Amusez-vous bien, et bonne route, de Lut et Léo.

  2. Katell Says:

    Formidable les photos, on voyage avec vous à travers les mots et les images !
    Les enfants sont bien courageux et à nous de trouver un trèfle à 4 feuilles pour que Lila ne chute plus de vélo.
    Un grand plaisir de se poser devant l’ordi le soir et de voir où vous en êtes. Pascale me donne régulièrement des nouvelles. C’est bien, les filles ont pu échanger avec la Webcam. Chez nous ça va, malgré le printemps Maxence arrive quand même à nous faire une bronchiolite, Anne guylène a pu ce soir lui faire une petite séance de kiné respi.
    Les 40 ans de Gaëlle et l’organisation du jeu de piste étaient un vrai régal sous un soleil magnifique, merci à toi Anne pour ta participation à l’élaboration du jeu. Les photos vont suivre dès que je les aurais chargées sur ordi. Pleins de bisous à vous, bonne reprise demain sur les vélos ! Profitez et attention à vous. Katell et le reste de la famille

    • 9roueslibres Says:

      Merci pour le message, je n’ai pas l’impression d’avoir fait grand chose dans l’élaboration du jeu mais merci quand même ! En fait j’aurai adoré y participer plus, mais ce que je fais en ce moment n’est pas mal non plus alors… Mais si tu veux en faire un pour ton anniversaire, attends quand même mon retour 😉
      Bises

  3. Valérie Says:

    C’est vrai que c’est un vrai régale, une attente de vous lire ! Belle écriture et un humour et un ressenti de Léo sympa.
    Ça donne envie… envie de faire du vélo, envie de vacances.
    Un puis les photos, des superbes points de vue, bravo. Un regard magique.
    Remarque c’est sûrement moins fatigant de vivre votre aventure devant nos écrans que sur le vélo (ben oui, on a pas le même air !!)
    Mais au moins, devant nos ordis, on ne risque pas de faire de chute !-))
    Mais je crois que ça vaut le coup Lila, même si je sais que ça doit pas faire du bien.
    Tout ce que vous voyez, vivez est inoubliable.
    Petit clin d’œil pour le canoë sur le dernier diaporama. On a ressorti le notre le WE dernier sur Le Meu (départ de Montfort, base nautique). Super sympa, sauf que la rivière est quasi à sec déjà… Donc l’aventure d’une journée (mais une aventure quand même) a fait que nous avions les pieds dans l’eau à trainer le canoë à pas mal d’endroit. Les filles ont adoré ! Sans compter le super contrôle d’Olivier dans la descente des rapides. Je rigole mais c’est tout un art de diriger le canoë sur le Meu.
    Bon, j’espère que vous allez tous bien, que les genoux et le coude de Lila, ainsi que son petit ventre vont aller très vite mieux.
    Bon « pédalage » ! Vive le triporteur, c’est génial ce truc ! Mais, l’on ne trouve cela qu’en Hollande, ou ils en fabriquent en France ?
    Allez, @ +

    • 9roueslibres Says:

      Je ne sais pas si on peut en trouver en France en tous les cas il y en a vraiment beaucoup aux Pays bas, tellement que nous n’y prettons plus vraiment attention.

  4. Paco Says:

    Deux mois de vélo pour arriver où ?
    Au center parc d’Utrech !!! Je veux bien croire que ses cottage, son sauna, son action factory et son buisness center soient attractifs mais de là à faire 866 km de vélo pour s’y rendre, je vous tire mon chapeau. Je pense que définitivement nous n’avons pas les mêmes valeurs…
    A part ces bêtises, j’avais oublié que la Hollande était aussi l’autre pays du vélo (excellent la photo du parking, ce n’est pas près d’arriver chez nous où l’on préfère faire circuler les bus avec les vélos).
    Merci pour votre carte avec toutes ces bières, ca me donne envie de retourner dans le plat pays : les vélos, les bières et les magasins de café…
    Bon je vous laisse, je bosse moi demain… prenez soin de la petite il ne faudrait quand même pas la dégouter définitivement de la bicyclette…
    Bises à vous quatre
    Les Peu–Morel.

    • 9roueslibres Says:

      Tu rigoles, pas 866km mais un peu plus de 1000, google maps ne compte pas les détours et les demi-tours …
      La petite se porte mieux et nos nuits aussi… Je te laisse retourner à ton travail…mais je compatis tout de même, gnakgnak. Bises à tous les 4

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