Archive for août 2010

A 8 ans, vélo ou troisième roue ?

27 août 2010

Huit ans, c’est un peu juste pour être autonome sur son vélo. Physiquement, ça peut aller, en s’adaptant au rythme de l’enfant – du coup, c’est parfois un peu frustrant de ne pas aller plus vite. Les 2-3 premiers mois surtout, nous avons eu recours de temps en temps au « tire-Lila », quand elle était fatiguée et qu’il fallait quand même avancer : une corde munie d’un élastique entre notre porte-bagage arrière et la fourche avant de Lila, le tout mesurant environ 2 mètres. Attention, cette technique n’est pas homologuée (!) et peut être dangereuse, en particulier dans les descentes (si la corde se prend dans les roues), pour traverser les routes (longueur de l’atelage) ou dans les villes néerlandaises où la circulation à vélo est intense (les vélos voient mal la corde et peuvent se prendre dedans). Mentalement, il s’agit d’entretenir la motivation : avec des jeux de devinettes, les numéros sur les plaques minéralogiques ou les couleurs de voitures, les tables de multiplication ou les conjugaisons, en se racontant des histoires, des films… De temps en temps, la promesse d ‘un bonbon ou d’une glace est assez efficace… et reposante !

En fait, la principale réserve est en termes de sécurité : on ne peut pas compter sur son enfant de 8 ans pour ne faire aucune erreur, malgré toutes les mises en garde possibles – traverser la route parce que papa l’a fait 100 mètres devant, faire demi-tour ou un écart sur la chaussée… sans même parler des erreurs de conduite des automobilistes. Les causes possibles d’accident sont multiples, sans même parler des chutes. Il faut donc anticiper en permanence, et c’est d’autant plus difficile et vital que les conditions sont dures : pluie, circulation, fatigue de la fin de journée. Le danger peut venir des voitures, bien sûr, mais aussi des autres vélos. C’est même un risque important, sur les véloroutes bien fréquentées de Belgique et des Pays-Bas car les cyclistes roulent vite, on ne les entend pas arriver, et ils s’attendent à ce qu’on soit aussi à l’aise et habitués qu’eux (en fait, sur les véloroutes, il faut avoir exactement les mêmes réflexes que sur route en voiture). Une protection rapprochée et permanente, en plus de la prévention, est impérative ! En cas d’accident, on ne se pardonnerait pas d’avoir été négligent. Dans ce sens, la troisième roue apparaît comme une solution pratique et rassurante.

Après deux mois de vélo, la donne a changé un peu. Lila a beaucoup progressé, elle maîtrise beaucoup mieux son vélo chargé et a acquis un minimum de réflexes sur la route (ce qui ne veut pas dire qu’elle ne commet plus aucune imprudence, attention). Et puis, il y a la satisfaction d’avoir réalisé ce voyage elle-même, et non collée au porte-bagage de ses parents. Vélo ou troisième roue, on ne sait pas quel serait notre choix si c’était à refaire. Mais si c’était le vélo à nouveau, pour Lila, il faudrait davantage d’entraînement préalable.

Ce qui précède est vrai aussi pour Léo, avec ses 11 ans, mais dans une bien moindre mesure. Malgré quelques baisses de moral passagères, il s’est débrouillé comme un chef et a bien vécu ce bagne imposé !

Le pourquoi du comment

27 août 2010

On nous demande souvent pourquoi ce voyage vers la Norvège, comment est venue l’idée ?…

Environ 1 an avant de partir, on reçoit le numéro de Carnet d’aventures avec comme thème principal le voyage en famille (ou quelque chose du genre). Avant même de l’ouvrir je me dis et pourquoi pas ? Pascal embraye de suite. Niveau boulot, ce n’est pas un souci pour moi car je travaille en intérim, et les employeurs de Pascal lui accordent sans rechigner son congé prolongé. Pas de difficulté pour l’école non plus, moyennant un courrier à l’inspection académique, les instituteurs de Léo et Lila nous aident à préparer les devoirs que nous leur feront faire quotidiennement (tant bien que mal !) jusqu’en juillet inclus.

Le moyen de transport ne fut pas tout de suite adopté, avant le vélo on a testé à pied avec un âne de bât… Après 2 jours de pluie dans le Jura – les ânes n’aiment pas monter ni avancer sous la pluie – on a convenu que le vélo était plus docile et plus facile à gérer. Les 2 derniers jours de rando sous le soleil furent sympas, mais la décision était prise.

Quant à la destination, la route vers la mer Noire (Eurovélo 6) l’été s’annonçait chaude, peut-être monotone par endroits (bord du Danube), et pas forcément toujours adaptée au niveau des routes. Vu ce que Pascal, et même moi, pestons contre les automobilistes indélicats, nous avons fait le bon choix en allant vers le Nord. Et puis, quand on a froid, on peut remettre des couches (c’était le cas en avril cette année), tandis qu’en allant vers le sud ou dans les terres il arrive un moment où on ne peut décemment plus rien enlever mais on a toujours chaud. Enfin, ce voyage était l’occasion ou jamais de passer 4 mois avec les enfants sans télé, boulot, ordinateur, école… entre nous. Et cela, a posteriori, nous en sommes bien contents.

La tribu des Moin-Moin

27 août 2010

Dans cette région du nord extrême de la Frise, qui échappe encore à la mondialisation, vit une étrange peuplade, la tribu des Moin-Moin (prononcer « moïn »). Il s’agit d’une population semi-grégaire, vivant dispersée en hiver mais se rassemblant aux beaux jours (à partir d’avril-mai, les Moin-Moin sont habitués aux rudes conditions de ces contrées) dans des camps d’été appelés « Campings Moin-Moin ». Les individus Moin-Moin sont grands et plutôt corpulents. Ils s’habillent de manière assez semblables, la tenue Moin-Moin typique comportant notamment des chaussettes hautes glissées dans des sabots ou dans des sandales rustiques. Les femmes Moin-Moin ne se livrent pas à toutes les futilités que connaisent celles des pays dits civilisés, maquillage, épilation… Mais le principal signe identitaire des Moin-Moin est leur coutume ancestrale – à l’origine de leur nom – de se saluer par un « Moin ! » sonore à chaque fois qu’ils se rencontrent, qu’ils se croisent, qu’ils se quitent, même plusieurs fois dans la journée. Ce qui, le matin notamment (le Moin-Moin se lève tôt), donne lieu à un étrange et joli concert de « moin-moin » qui fait une concurrence sévère à celui des oiseaux, quoique ceux-ci aient commencé plus tôt encore. Nonobstant ces moeurs particulières, les Moin-Moin sont un peuple pacifique et très accueillant. Et l’étranger qui profite de leur hospitalité, quoiqu’un peu surpris au début, se plie volontiers à leurs habitudes et répond joyeusement aux « moin » amicaux qu’on lui lance. Probablement, s’il restait longtemps parmi eux, irait-il jusqu’à adopter leur tenue vestimentaire, y compris la chaussette-sandale. En les quittant, l’étranger garde donc un souvenir ému de ce contact privilégié et hors du temps avec le peuple sympatique de Moin-Moin. Les laissant à leur destin qu’il souhaite heureux, il se retourne une dernière fois pour les saluer de la main et leur lancer un grand « Moin » d’adieu, avant de poursuivre sa route.

Chichester – Vezin

14 août 2010

10 août, 7h30 heure française. A l’approche de Saint-Malo, le plafond est gris et bas, l’horizon bouché. Les courants d’air balayent le pont avant désert du Bretagne, rendu brillant par la pluie. Emergeant de la grisaille, la silhouette de Cézembre se détache sur bâbord, puis la côte tout autour. Bientôt la fin du voyage, la maison n’est plus bien loin… Un matelot en cotte orange ouvre la lourde porte métallique qui donne accès au pont glissant et la bloque ouverte. Sautant la balustrade, il vient hisser à la proue le drapeau breton qui se raidit dans le vent. Puis il repart aussi vite. Qui a dit « mondialisation » ? Le temps d’écrire ces lignes, la tourelle verte du Buron défile sur tribord, au ras de la coque. Et Dinard, pas pressée de se réveiller. La maison n’est plus bien loin. Fin de la paranthèse…

La nuit précédente, nous avons planté la tente peu après Chichester, dans un grand carré d’herbe proche de la route, en annexe d’un parc à caravanes. Tout un groupe sympatique s’y est retrouvé pour faire la fête, avant de se séparer pour les vacances. Les enfants jouent fort tard avec des bâtons lumineux qui dessinent un joli ballet dans la nuit.

Le lendemain, le trajet jusqu’à l’embarcadère de Portsmouth se déroule sans encombre. Une piste cyclable longeant les quatre-voies au trafic intense nous mène jusqu’au centre-ville. Au comptoir de la Brittany Ferries, nous prenons nos places pour le bateau du soir. Il n’y a plus de cabine disponible, au grand dam de Léo.

Nous passons l’après-midi sur l’esplanade du bord de mer, au sud de la ville, près du dinosaure géant et de l’arrivée de l’overcraft – impressionnante machine. Dernier fish & chips, gras à souhait. Et, pour les enfants, quelques tours de manège dans la fête forraine. Lila essaie les grosses bulles en plastique gonflées d’air dans lesquelles on s’introduit et qui flottent sur l’eau. Elle court à l’intérieur, tombe, se relève, retombe, n’avance pas, crève de chaud… Vu de l’extérieur, c’est très drôle !

Embarquement, découverte du bateau, dîner au self, dernier petit tour sur le pont et dodo. C’est qu’on arrive tôt le matin, 6h30 heure anglaise ! Les enfants dorment tant bien que mal sur les sièges inclinés, nous on finit par terre sur la moquette.

A Saint-Malo, notre première arrêt est pour une boulangerie. VRAIS croissants, VRAIE baguette. Il bruine. On finit par s’installer pour le petit déjeuner sous les arches en pierres au pied de la tour Solidor. Quelques personnes promènent leurs chiens ou vaquent en direction des bateaux, la ville s’éveille. Puis nous voilà partis par les petites rues, les petites routes. Jolies maisons, ancien moulin à marée, cris des goëlands et haubans qui tintent contre les mât en aluminium… Nous redécouvrons Saint Malo, puis les bords de la Rance. Pour la pause du midi, le porche de l’église de Saint-Suliac nous abrite des derniers passages de pluie. Les nuages roulent et laissent passer quelques rayons de soleil. On se dit qu’on habite un beau pays. C’est agréable aussi d’entendre parler français et de comprendre à nouveau les mots échangés. D’ailleurs les enfants n’arrêtent pas de hurler : « Ils parlent français ! C’est des Français ! » Oui mon chéri, c’est normal, parle moins fort s’il te plaît… Nous traversons la Rance au petit pont du port Saint-Hubert et rejoignons enfin le chemin de halage à l’écluse du Châtelier, rendu « collant » par la pluie. Les passages de bruine continuent à se succéder, à peine assez longs pour qu’on ait le temps d’enfiler la cape. Nous finissons la journée au camping après Saint-Domineuc et à la crêperie. Flemme de chercher un champ, flemme de faire à manger, ça sent la fin !

Et c’est le dernier jour, 11 août. Nous décollons tôt et quittons le canal juste après les écluses de Hédé, pour arriver à Saint-Gilles le midi chez les parents de Pascal. A l’entrée de Saint-Gilles, nous nous pesons sur le pont-bascule de la zone artisanale. 400 kg tout compris pour tous les 4, 4 mois, 4000 km. Retrouvailles, bon repas. Nous repartons vers Vezin, le ventre plein. On va vite quand même et les 7 kilomètres paraissent bien courts aux enfants, qui avaient gardé en tête le souvenir d’une route interminable ! La maison n’a pas changé, bien sûr, à part le devant un peu en friche. Ca fait vraiment 4 mois qu’on est partis ? Les copains qui sont passés nous ont laissé des petits mots sympas, et un grand drap « Bienvenue » écrit dans toutes les langues. Ce soir on dormira dans notre lit. Demain on fera sécher les tentes et on les remisera… Allez, pour pas trop longtemps !

Photos sous Picasa

Folkestone – Chichester

9 août 2010

Nous voilà donc repartis vers Portsmouth, en traversant maintenant des paysages plus agréables, semblant moins déshérités. Il y a du relief (collines, falaises), ceci expliquant peut-être cela ? Par contre, les routes ne sont pas plus sûres et les conducteurs toujours aussi imprudents avec notre vie ! Souvenir effrayé de la montée vers Hastings, sous l’orage, en poussant les vélos sur le bas-côté inexistant, presque dans le noir dans les passages sous les arbres, avec les voitures qui nous rasent et nous arrosent au passage.

Après Folkestone, la côte devient assez touristique, beaucoup de monde, un peu moins de saletés qui traînent (ou nous nous sommes habitués).  La sécurité règne toujours entre les barbelés, les milices privés, les caméras… Et nous découvrons maintenant les rues et quartiers privés, interdits d’accès aux non résidents ! Les pauvres d’un côté, les riches de l’autre ? En tout cas c’est l’impression que ça donne. Par contre les Anglais restent toujours aussi sympas, ils s’intéressent, nous demandent si nous avons besoin d’une indication sur la route quand nous sommes arrêtés, viennent nous parler dans les campings…

Les campings, parlons-en, beaucoup moins bien équipés que leurs homologues européens que nous connaissons, du coup la lessive n’a pas été faite depuis… longtemps ! Les gens sont en vacances, nous avions l’habitude de grandes étendues vides et aujourd’hui la place disponible est chère. Et c’est beaucoup plus bruyant – après la « gay pride » de Brighton du 6 août, les Tchèques de Ford le 7 (nous, bien installés tranquille, et là un bus entier arrive pour se poser tout autour de nous !!! La tête qu’on faisait devait être pas jouasse puisque la gérante du camping est venue nous rembourser la moitié du prix du camping !), nous avions hier les parents d’élèves et leurs enfants faisant la fête jusque fort tard…

Pour ce qui est de la météo, nous avons été bien saucés, mais surtout le VENT. Durant notre aller vers la Norvège, les enfants ont rempli les églises de cierges pour avoir du vent du sud, et bien les voilà exaucés au-delà de ce qu’ils attendaient mais un peu tard. Du coup nous devons forcer sur les pédales, c’est désagréable et pénible mais bon ça fait les mollets.

Les enfants ont goûté la jelly, ils adorent. Quant à moi je fais des infidélités à Hagen Dazs puisque je me mets à aimer les « soft ice » (glace italienne), il est temps qu’on s’en aille. Et Pascal, lui, écume les pubs : bières, cacahuètes… (il a décidé qu’il les auraient toutes goûtées avant notre départ).

Les photos sur Picasa

Lila – 7 août

9 août 2010

Bonjour, je vais vous raconter le vent. Le vent est très désagréable. On l’a souvent de face mais aujourd’hui on l’a de dos. Qu’est ce qu’il faudrait faire pour qu’on l’ait toujours dans le dos ? Me couper la main, non ; me couper la tête, non. Ne plus manger de glaces, hors de question. Arriver le 24 décembre, hors de question. Ne plus jamais avoir le soleil, non. Mais, faire du cheval, avec grand grand plaisir. J’espère que quelqu’un me demandera ça un jour.

Lila – un moment génial

2 août 2010

On continuait la route et on a vu 2 chevaux en liberté dans un champ et les chevaux allaient au galop. On est allé dans une maison pour leur demander si les chevaux c’était grave qu’ils soient en liberté. Il n’y avait personne. On est allé voir une deuxième maison et il y avait quelqu’un qui nous a dit que ces deux chevaux étaient dans le champ avant. Mais maintenant c’est devenu un champ pour faire du blé. Je me suis dit que l’agriculteur du champ n’allait pas être content avec toutes les traces de sabots dans la terre. Mais pour moi, c’était génial, extraordinaire, très bien… Mais il y avait deux monstres qui s’appellent Anne et Pascal qui m’ont interdit de rester avec les chevaux et on est partis (NDP : Après une pause d’une bonne dizaine de minutes !!!!).

Harwich – Folkestone

2 août 2010

Bon, on commence à s’habituer à rouler à gauche, même dans les ronds-points ! Quelques difficultés encore pour regarder du bon côté en traversant la route… La tête des enfants quand on crie à gauche, alors que ça fait 3 mois qu’on leur dit à droite !!! Jamais contents ces parents.

On a eu plus de mal à se faire à l’Angleterre. Arrivée à Harwich pas enthousiasmante : beaucoup de circulation dans les rues et les routes étroites et mal entretenues, des voitures roulant vite et souvent mal (on serre les fesses), des maisons décrépies, pas de pistes cyclables, campings plus que rares, des entrepôts abandonnés, des magasins fermés aux vitrines poussiéreuses, des détritus partout (notamment au bord des routes) et des dépôts sauvages des panneaux d’affichage et des clôtures défoncées, beaucoup de terrains en friche… Méchant contraste après le Danemark. Un Anglais nous explique que les routes ne sont pas entretenues faute de crédits. Un Suisse croisé dans un camping et connaissant bien l’Angleterre nous parle d’une région en « sous-développement », en dehors Londres même. Et c’est vraiment l’impression que ça donne, du moins dans les parties urbaines : les infrastructures existantes se dégradent, tout apparaît sale et délabré, hormis quelques quartiers privilégiés avec leurs maisons proprettes. Et puis, des caméras de surveillance dans tous les coins, des barbelés, des peintures anti-escalade, des milices de voisinage. L’image d’une société malade, qui ne s’aime pas.

A l’inverse, les Anglais sont généralement charmants et très accueillants. A Sittingbourne, le 30 juillet, nous dormons même dans le jardin de quelqu’un chez qui nous étions simplement allés chercher de l’eau. La veille, après Gravesend, c’est dans un centre équestre et pépinière où, une fois passée la porte grillagée et le Rotweiler mis à l’écart, le propriétaire nous ouvre un champ bien volontiers et nous offre des cerises (au grand bonheur de Lila, des chevaux partout !). Trois jours plus tôt, à Maldon, ce sont des cultivateurs qui nous proposent gentiment un bout de terrain en herbe près de leur habitation. Leur fils, qui a fait un grand voyage de la Russie à la Nouvelle Zélande, vient nous voir le soir avec une bouteille de vin et nous buvons un verre ensemble sous le Tarp (il s’est mis à pleuvoir juste après le montage des tentes) dans le jour qui finit. Le lendemain matin, il nous ramène même une carte des pistes cyclables du comté, qui nous servira bien pour traverser le secteur de Basildon, très peuplé (même si les pistes cyclables en question sont souvent très symboliques).

C’est l’anniversaire de Pascal, nous lui offrons une bouteille de porto et des pistaches, il est ravi. Elle ne fera pas long feu, soit disant ça fait du poids, c’est cela oui…

La campagne est nettement plus agréable et préservée que les parties urbaines. En ce moment, les colzas et les blés sont mûrs et tous les champs sont d’un jaune qui contraste joliment avec le vert des arbres et des haies. En faisant abstraction de la quantité impressionnante de lignes électriques qui barrent le paysage. Le temps est mitigé, de petites pluies de temps en temps, mais rien de très méchant. Avec les nuages, de belles lumières. En fait, il n’a pas plu vraiment ici depuis 5 semaines, l’herbe est sèche et la terre extrêmement dure – pas facile de planter les sardines, on n’en utilise que le strict nécessaire.

Pas grand-chose pour le vélo, à part le « National Cycle Network » développé petit à petit par Sustrans depuis une quinzaine d’années, mais on croise beaucoup de « Public footpath », aussi bien en ville qu’à la campagne. Certains passent même carrément en travers des champs cultivés.

Après Maldon, nous restons deux nuits à Tilbury pour faire l’aller-retour en train jusqu’à Londres, que desservent  pas moins d’une dizaine de compagnies ferroviaires. Beaucoup de monde et d’activité dans cette grande ville, beaucoup beaucoup de voitures et de bruit aussi. Bien contents de n’y être pas en vélo, les cyclistes ici (et il y en a, à la sortie des bureaux) sont carrément suicidaires, plus encore qu’à Paris. Du Tower Bridge, un bateau nous emmène à Westminster sur la Tamise, le parcours est très chouette. Nous revenons à la gare en bus, en choisissant les lignes pour prendre ceux à étage. Entre autres curiosités londoniennes, des petits cars jaunes aux airs de véhicules de brousse, amphibies, qui promènent les touristes dans les rues et sur le fleuve.

Le camping de Tilbury est assez folklo, c’est aussi un « musée » (dépotoir serait plus juste) d’engins agricoles et routiers anciens. A part nous, il y a quelques caravanes de gens qui y habitent manifestement à l’année et travaillent dans le coin. Le « camping » précédent, le seul entre Harwich et Colchester, était particulier lui aussi, peuplé de caravanes et de vieux mobil homes plus ou moins à l’abandon, à l’arrière d’un vague magasin agricole et de grandes serres en verre désaffectées. Le champ où nous plantons la tente est juste occupé par une famille en vacances (?) et une jeune femme en caravane dont c’est visiblement la résidence. Avec leur côté déjanté, ces campings sont bien sympa tout de même.

Après les pontons mouillés, les rails de chemin de fer dont je vais me méfier dorénavant : grosse chute pour moi, le vélo n’a rien mais je ne suis pas très fraîche en me relevant ; je tombe dans les pommes et comme je suis seule, pas très simple pour repartir, je crois que les Anglais m’ont pris pour une ivrogne, du coup personne ne s’arrête… n’importe quoi, comme si j’avais l’haleine et la démarche d’une ivrogne !

Depuis Harwich, nous suivons plus ou moins les pistes à vélo, la 51 puis la 1 à partir de Colchester, qui fait partie de la « North Sea Cycle Route » (une des 12 routes du réseau Eurovélo), jusqu’à Dover, et enfin la 2, qui continue le long de la côte (ou la 19, qui passe plus dans les terres, on verra). Ces routes sont visiblement peu utilisées, et pas plus entretenues que l’ensemble du réseau routier. La route 1 en particulier, quand elle ne suit pas la route des voitures, emprunte des voies diverses et parfois improbables voire inquiétants : chemins en bord de champ (ou carrément à travers), hauts de digues enherbés, friche industrielle entre deux grillages, ruelle étroite et déserte bordée d’entrepôts désaffectés, piste militaire… Les portiques qui protègent l’entrée des parties réservées aux vélos ne laissent pas passer les nôtres, avec leur chargement et avec la remorque. Alors on décharge, on décroche, on passe, on raccroche, on recharge, on râle un coup, et on recommence 200 mètres plus loin. La moyenne en prend un coup ! Mais au moins, et sauf certains passages sur des routes passantes ou étroites ou en ville, la route est à peu près sûre. Et nous fait découvrir des endroits variés. Elle est assez bien indiquée, même si parfois le tracé sur le GPS (téléchargé sur Internet) s’avère bien utile.

A Tilbury, le petit bac (où ne passent que piétons et deux-roues) nous permet d’éviter le grand pont qui traverse la Tamise un peu plus loin. Pas de touristes ici, uniquement les gens du coin. D’ailleurs, Gravesend, sur la rive en face, est tout sauf touristique… Nous choisissons ensuite de continuer sur la route qui fait le tour du Kent, plutôt que de couper direct vers Portsmouth. Et, si la sortie de Gravesend est un peu laborieuse, ensuite nous ne le regrettons pas, passant dans des endroits très chouettes, jusqu’aux falaises crayeuses de la côte sud-est. Les villes portuaires que nous traversons au passage, Whistable, Rochester, Dover, ne sont guère plus folichonnes que celles du côté de Londres. Quelques-unes sont un peu plus touristiques comme Sandwich ou Deal, avec ses pavillons tout au long de la grande plage de galets. Nous arrivons dimanche soir (1er août), après moult montées et descentes, au petit camping pour tentes de Folkerstone, qui surplombe la mer et la plage au pied de la falaise. Les enfants se font plaisir et ramassent une quantité impressionnante de morceaux de verre de toutes les couleurs polis par le ressac.

Photos sur Picasa :
Esbjerg – Tilbury
Tilbury – Folkestone

Léo – Entre Norvège et Angleterre

2 août 2010

Chapitre (12 juillet)

La Norvège est magnifique malgré le dénivelé. Pour la monnaie, seule l’image la différencie des couronnes Danoises. Il y a des fjords partout. Un jour nous sommes montés très haut et nous avons vu un glacier. Il y a beaucoup de balades très sympas à faire. Les villes sont magnifiques, il y a beaucoup de fontaines et des groupes de musiciens de tous les côtés.

Chapitre 2 (17 juillet)

Le plus gênant dans les pays étrangers c’est de ne pas connaître la langue, ça nous empêche d’avoir des contacts, de lire et de comprendre ce que les gens nous disent. Quand quelqu’un nous parle, la première chose qu’on leur dit c’est « you speek English or French », non mais je vous jure y a des moments où je suis tenté de leur dire « laisse moi deviner, tu parles pas français », moi je dis merde à la fin.

Je sais qu’on est sur le chemin du retour depuis seulement deux jours, mais maintenant notre moyenne c’est 40 ou 50 km et 12 km/h. Si c’est comme ça, c’est parce que maintenant qu’on fait le retour on sait que, plus on pédale, plus on arrive vite et, étant donné que cette balade est rasante (je me retiens parce que c’est vous), nous nous pressons pour qu’elle s’arrête (très vite) avant que nos jambes explosent et que nous devenions fous.

Même pendant le voyage on pollue et on se pollue. Comment ? Ben, il y a maman avec la cigarette et, si vous avez oublié ce qui est marqué sur les paquets de cigarettes, je vous le rappelle : fumer tue, ou alors fumer nuit gravement à votre santé et à celle de votre entourage. En plus, dès qu’on a une connexion les parents ne bougent plus de l’ordinateur. Lila ne résiste pas à tanner les parents pour acheter des pets shops (elle y joue une heure par jour) et moi je fais tout ce que je peux pour faire du jeu vidéo. Bref, en résumé c’est pas parce qu’on pédale pour se déplacer et qu’on ne pollue pas trop qu’on ne se drogue pas.

25 juillet

Aujourd’hui nous sommes en Angleterre, c’est sympa de savoir qu’on est bientôt à la maison et je me rends compte que j’ai de la chance d’être en Angleterre et pas à Trémelin (pour ceux qui ne comprennent pas, ce n’est pas grave). Mais aujourd’hui nous avons rencontré dans un parc plein d’écureuils sauvages, nous leur avons donné des noisettes que nous avions achetées. Ceux-ci les mettaient dans leur bouche et allaient les enterrer un peu plus avant de venir en chercher d’autres. Mais, à ma grande surprise, un écureuil, au lieu de prendre la noisette que je lui présentais, s’attaqua à mon poing dans lequel se trouvaient quatre noisettes et, à l’aide de ses petites dents, il me fit très mal.

Lila – 17 juillet

2 août 2010

Bonjour Mesdames et Messieurs, la météo de cette semaine. Lundi matin pluie, l’après-midi soleil, le soir soleil. Mardi matin soleil, l’après-midi soleil, le soir soleil. Mercredi, dans le bateau. Jeudi, le matin soleil, l’après-midi grande pluie à tomber par terre, des grêlons, des orages, soir nuages. Vendredi matin soleil, l’après-midi soleil, soir soleil. Samedi matin pluie, l’après-midi soleil, soir soleil. Dimanche matin pluie, l’après-midi soleil, soir soleil. Et voilà pour ce blog, au revoir.

Tim – Esbjerg

2 août 2010

Les enfants sont motivés par le retour, nous battons tous les records et avançons très vite malgré le vent de face (au sud, cette fois).

Ca y est, sur l’immense plage de la côte ouest, nous avons pris notre premier bain dans la mer du Nord et….et ben, elle est pas si froide ! Si si, je n’ai mis que dix minutes à m’y mettre ce qui peut être un record pour moi. Nous étions dans un camping concentrationnaire, mais qui nous a offert un magnifique coucher de soleil (à ce jour le plus beau que j’ai vu): rouge, rose, orange avec un petit phare, très mignon. Oh, j’entends déjà les puristes, un phare ne peut être « mignon », c’est beau, grand, massif,… mais pas mignon. Et bien celui-là était mignon et ressemblait aux fèves que nous avions dans la galette des rois cette année.

Cette partie de côte danoise est très touristique et peuplée essentiellement… d’Allemands. La piste traverse les dunes tout du long, et sur les portions non habitées le paysage prend des aspects lunaires. Les teltplads où l’on passe la nuit sont peuplées aussi, mais plutôt d’autochtones pas dérangeants.

Nous avons retrouvé à Esbjerg Catherine, Vincent et les enfants qui montaient vers la Norvège en camping car (regard envieux des enfants Mallard !). C’était sympa et marrant de se croiser au Danemark dans un camping. On a pu contempler les photos de leur mariage ainsi qu’une très belle collection de chaussures et de grimaces (merci les amis).

Pour le moment on est sur le ferry pour l’Angleterre (Harwich). C’est pas de chance pour moi, à chaque fois qu’on prend un bateau il y a du vent, du coup de la houle et même si le bateau est très gros, il bouge quand même… je ne suis pas encore verte mais ça ne saurait tarder et, si cette fois la cabine sent mauvais je crois que ce sera de ma faute ! Bon j’arrête là, vous êtes peut être en train de manger ou prêts à le faire (quoique là vous n’en avez peut être plus très envie). En attendant, la musique au bar est bonne et, dans la cabine, les enfants dorment sur les couchettes du haut, du sommeil de l’innocence (ou alors ils imitent bien !).

 Photos sur Picasa