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Chichester – Vezin

14 août 2010

10 août, 7h30 heure française. A l’approche de Saint-Malo, le plafond est gris et bas, l’horizon bouché. Les courants d’air balayent le pont avant désert du Bretagne, rendu brillant par la pluie. Emergeant de la grisaille, la silhouette de Cézembre se détache sur bâbord, puis la côte tout autour. Bientôt la fin du voyage, la maison n’est plus bien loin… Un matelot en cotte orange ouvre la lourde porte métallique qui donne accès au pont glissant et la bloque ouverte. Sautant la balustrade, il vient hisser à la proue le drapeau breton qui se raidit dans le vent. Puis il repart aussi vite. Qui a dit « mondialisation » ? Le temps d’écrire ces lignes, la tourelle verte du Buron défile sur tribord, au ras de la coque. Et Dinard, pas pressée de se réveiller. La maison n’est plus bien loin. Fin de la paranthèse…

La nuit précédente, nous avons planté la tente peu après Chichester, dans un grand carré d’herbe proche de la route, en annexe d’un parc à caravanes. Tout un groupe sympatique s’y est retrouvé pour faire la fête, avant de se séparer pour les vacances. Les enfants jouent fort tard avec des bâtons lumineux qui dessinent un joli ballet dans la nuit.

Le lendemain, le trajet jusqu’à l’embarcadère de Portsmouth se déroule sans encombre. Une piste cyclable longeant les quatre-voies au trafic intense nous mène jusqu’au centre-ville. Au comptoir de la Brittany Ferries, nous prenons nos places pour le bateau du soir. Il n’y a plus de cabine disponible, au grand dam de Léo.

Nous passons l’après-midi sur l’esplanade du bord de mer, au sud de la ville, près du dinosaure géant et de l’arrivée de l’overcraft – impressionnante machine. Dernier fish & chips, gras à souhait. Et, pour les enfants, quelques tours de manège dans la fête forraine. Lila essaie les grosses bulles en plastique gonflées d’air dans lesquelles on s’introduit et qui flottent sur l’eau. Elle court à l’intérieur, tombe, se relève, retombe, n’avance pas, crève de chaud… Vu de l’extérieur, c’est très drôle !

Embarquement, découverte du bateau, dîner au self, dernier petit tour sur le pont et dodo. C’est qu’on arrive tôt le matin, 6h30 heure anglaise ! Les enfants dorment tant bien que mal sur les sièges inclinés, nous on finit par terre sur la moquette.

A Saint-Malo, notre première arrêt est pour une boulangerie. VRAIS croissants, VRAIE baguette. Il bruine. On finit par s’installer pour le petit déjeuner sous les arches en pierres au pied de la tour Solidor. Quelques personnes promènent leurs chiens ou vaquent en direction des bateaux, la ville s’éveille. Puis nous voilà partis par les petites rues, les petites routes. Jolies maisons, ancien moulin à marée, cris des goëlands et haubans qui tintent contre les mât en aluminium… Nous redécouvrons Saint Malo, puis les bords de la Rance. Pour la pause du midi, le porche de l’église de Saint-Suliac nous abrite des derniers passages de pluie. Les nuages roulent et laissent passer quelques rayons de soleil. On se dit qu’on habite un beau pays. C’est agréable aussi d’entendre parler français et de comprendre à nouveau les mots échangés. D’ailleurs les enfants n’arrêtent pas de hurler : « Ils parlent français ! C’est des Français ! » Oui mon chéri, c’est normal, parle moins fort s’il te plaît… Nous traversons la Rance au petit pont du port Saint-Hubert et rejoignons enfin le chemin de halage à l’écluse du Châtelier, rendu « collant » par la pluie. Les passages de bruine continuent à se succéder, à peine assez longs pour qu’on ait le temps d’enfiler la cape. Nous finissons la journée au camping après Saint-Domineuc et à la crêperie. Flemme de chercher un champ, flemme de faire à manger, ça sent la fin !

Et c’est le dernier jour, 11 août. Nous décollons tôt et quittons le canal juste après les écluses de Hédé, pour arriver à Saint-Gilles le midi chez les parents de Pascal. A l’entrée de Saint-Gilles, nous nous pesons sur le pont-bascule de la zone artisanale. 400 kg tout compris pour tous les 4, 4 mois, 4000 km. Retrouvailles, bon repas. Nous repartons vers Vezin, le ventre plein. On va vite quand même et les 7 kilomètres paraissent bien courts aux enfants, qui avaient gardé en tête le souvenir d’une route interminable ! La maison n’a pas changé, bien sûr, à part le devant un peu en friche. Ca fait vraiment 4 mois qu’on est partis ? Les copains qui sont passés nous ont laissé des petits mots sympas, et un grand drap « Bienvenue » écrit dans toutes les langues. Ce soir on dormira dans notre lit. Demain on fera sécher les tentes et on les remisera… Allez, pour pas trop longtemps !

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Folkestone – Chichester

9 août 2010

Nous voilà donc repartis vers Portsmouth, en traversant maintenant des paysages plus agréables, semblant moins déshérités. Il y a du relief (collines, falaises), ceci expliquant peut-être cela ? Par contre, les routes ne sont pas plus sûres et les conducteurs toujours aussi imprudents avec notre vie ! Souvenir effrayé de la montée vers Hastings, sous l’orage, en poussant les vélos sur le bas-côté inexistant, presque dans le noir dans les passages sous les arbres, avec les voitures qui nous rasent et nous arrosent au passage.

Après Folkestone, la côte devient assez touristique, beaucoup de monde, un peu moins de saletés qui traînent (ou nous nous sommes habitués).  La sécurité règne toujours entre les barbelés, les milices privés, les caméras… Et nous découvrons maintenant les rues et quartiers privés, interdits d’accès aux non résidents ! Les pauvres d’un côté, les riches de l’autre ? En tout cas c’est l’impression que ça donne. Par contre les Anglais restent toujours aussi sympas, ils s’intéressent, nous demandent si nous avons besoin d’une indication sur la route quand nous sommes arrêtés, viennent nous parler dans les campings…

Les campings, parlons-en, beaucoup moins bien équipés que leurs homologues européens que nous connaissons, du coup la lessive n’a pas été faite depuis… longtemps ! Les gens sont en vacances, nous avions l’habitude de grandes étendues vides et aujourd’hui la place disponible est chère. Et c’est beaucoup plus bruyant – après la « gay pride » de Brighton du 6 août, les Tchèques de Ford le 7 (nous, bien installés tranquille, et là un bus entier arrive pour se poser tout autour de nous !!! La tête qu’on faisait devait être pas jouasse puisque la gérante du camping est venue nous rembourser la moitié du prix du camping !), nous avions hier les parents d’élèves et leurs enfants faisant la fête jusque fort tard…

Pour ce qui est de la météo, nous avons été bien saucés, mais surtout le VENT. Durant notre aller vers la Norvège, les enfants ont rempli les églises de cierges pour avoir du vent du sud, et bien les voilà exaucés au-delà de ce qu’ils attendaient mais un peu tard. Du coup nous devons forcer sur les pédales, c’est désagréable et pénible mais bon ça fait les mollets.

Les enfants ont goûté la jelly, ils adorent. Quant à moi je fais des infidélités à Hagen Dazs puisque je me mets à aimer les « soft ice » (glace italienne), il est temps qu’on s’en aille. Et Pascal, lui, écume les pubs : bières, cacahuètes… (il a décidé qu’il les auraient toutes goûtées avant notre départ).

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Harwich – Folkestone

2 août 2010

Bon, on commence à s’habituer à rouler à gauche, même dans les ronds-points ! Quelques difficultés encore pour regarder du bon côté en traversant la route… La tête des enfants quand on crie à gauche, alors que ça fait 3 mois qu’on leur dit à droite !!! Jamais contents ces parents.

On a eu plus de mal à se faire à l’Angleterre. Arrivée à Harwich pas enthousiasmante : beaucoup de circulation dans les rues et les routes étroites et mal entretenues, des voitures roulant vite et souvent mal (on serre les fesses), des maisons décrépies, pas de pistes cyclables, campings plus que rares, des entrepôts abandonnés, des magasins fermés aux vitrines poussiéreuses, des détritus partout (notamment au bord des routes) et des dépôts sauvages des panneaux d’affichage et des clôtures défoncées, beaucoup de terrains en friche… Méchant contraste après le Danemark. Un Anglais nous explique que les routes ne sont pas entretenues faute de crédits. Un Suisse croisé dans un camping et connaissant bien l’Angleterre nous parle d’une région en « sous-développement », en dehors Londres même. Et c’est vraiment l’impression que ça donne, du moins dans les parties urbaines : les infrastructures existantes se dégradent, tout apparaît sale et délabré, hormis quelques quartiers privilégiés avec leurs maisons proprettes. Et puis, des caméras de surveillance dans tous les coins, des barbelés, des peintures anti-escalade, des milices de voisinage. L’image d’une société malade, qui ne s’aime pas.

A l’inverse, les Anglais sont généralement charmants et très accueillants. A Sittingbourne, le 30 juillet, nous dormons même dans le jardin de quelqu’un chez qui nous étions simplement allés chercher de l’eau. La veille, après Gravesend, c’est dans un centre équestre et pépinière où, une fois passée la porte grillagée et le Rotweiler mis à l’écart, le propriétaire nous ouvre un champ bien volontiers et nous offre des cerises (au grand bonheur de Lila, des chevaux partout !). Trois jours plus tôt, à Maldon, ce sont des cultivateurs qui nous proposent gentiment un bout de terrain en herbe près de leur habitation. Leur fils, qui a fait un grand voyage de la Russie à la Nouvelle Zélande, vient nous voir le soir avec une bouteille de vin et nous buvons un verre ensemble sous le Tarp (il s’est mis à pleuvoir juste après le montage des tentes) dans le jour qui finit. Le lendemain matin, il nous ramène même une carte des pistes cyclables du comté, qui nous servira bien pour traverser le secteur de Basildon, très peuplé (même si les pistes cyclables en question sont souvent très symboliques).

C’est l’anniversaire de Pascal, nous lui offrons une bouteille de porto et des pistaches, il est ravi. Elle ne fera pas long feu, soit disant ça fait du poids, c’est cela oui…

La campagne est nettement plus agréable et préservée que les parties urbaines. En ce moment, les colzas et les blés sont mûrs et tous les champs sont d’un jaune qui contraste joliment avec le vert des arbres et des haies. En faisant abstraction de la quantité impressionnante de lignes électriques qui barrent le paysage. Le temps est mitigé, de petites pluies de temps en temps, mais rien de très méchant. Avec les nuages, de belles lumières. En fait, il n’a pas plu vraiment ici depuis 5 semaines, l’herbe est sèche et la terre extrêmement dure – pas facile de planter les sardines, on n’en utilise que le strict nécessaire.

Pas grand-chose pour le vélo, à part le « National Cycle Network » développé petit à petit par Sustrans depuis une quinzaine d’années, mais on croise beaucoup de « Public footpath », aussi bien en ville qu’à la campagne. Certains passent même carrément en travers des champs cultivés.

Après Maldon, nous restons deux nuits à Tilbury pour faire l’aller-retour en train jusqu’à Londres, que desservent  pas moins d’une dizaine de compagnies ferroviaires. Beaucoup de monde et d’activité dans cette grande ville, beaucoup beaucoup de voitures et de bruit aussi. Bien contents de n’y être pas en vélo, les cyclistes ici (et il y en a, à la sortie des bureaux) sont carrément suicidaires, plus encore qu’à Paris. Du Tower Bridge, un bateau nous emmène à Westminster sur la Tamise, le parcours est très chouette. Nous revenons à la gare en bus, en choisissant les lignes pour prendre ceux à étage. Entre autres curiosités londoniennes, des petits cars jaunes aux airs de véhicules de brousse, amphibies, qui promènent les touristes dans les rues et sur le fleuve.

Le camping de Tilbury est assez folklo, c’est aussi un « musée » (dépotoir serait plus juste) d’engins agricoles et routiers anciens. A part nous, il y a quelques caravanes de gens qui y habitent manifestement à l’année et travaillent dans le coin. Le « camping » précédent, le seul entre Harwich et Colchester, était particulier lui aussi, peuplé de caravanes et de vieux mobil homes plus ou moins à l’abandon, à l’arrière d’un vague magasin agricole et de grandes serres en verre désaffectées. Le champ où nous plantons la tente est juste occupé par une famille en vacances (?) et une jeune femme en caravane dont c’est visiblement la résidence. Avec leur côté déjanté, ces campings sont bien sympa tout de même.

Après les pontons mouillés, les rails de chemin de fer dont je vais me méfier dorénavant : grosse chute pour moi, le vélo n’a rien mais je ne suis pas très fraîche en me relevant ; je tombe dans les pommes et comme je suis seule, pas très simple pour repartir, je crois que les Anglais m’ont pris pour une ivrogne, du coup personne ne s’arrête… n’importe quoi, comme si j’avais l’haleine et la démarche d’une ivrogne !

Depuis Harwich, nous suivons plus ou moins les pistes à vélo, la 51 puis la 1 à partir de Colchester, qui fait partie de la « North Sea Cycle Route » (une des 12 routes du réseau Eurovélo), jusqu’à Dover, et enfin la 2, qui continue le long de la côte (ou la 19, qui passe plus dans les terres, on verra). Ces routes sont visiblement peu utilisées, et pas plus entretenues que l’ensemble du réseau routier. La route 1 en particulier, quand elle ne suit pas la route des voitures, emprunte des voies diverses et parfois improbables voire inquiétants : chemins en bord de champ (ou carrément à travers), hauts de digues enherbés, friche industrielle entre deux grillages, ruelle étroite et déserte bordée d’entrepôts désaffectés, piste militaire… Les portiques qui protègent l’entrée des parties réservées aux vélos ne laissent pas passer les nôtres, avec leur chargement et avec la remorque. Alors on décharge, on décroche, on passe, on raccroche, on recharge, on râle un coup, et on recommence 200 mètres plus loin. La moyenne en prend un coup ! Mais au moins, et sauf certains passages sur des routes passantes ou étroites ou en ville, la route est à peu près sûre. Et nous fait découvrir des endroits variés. Elle est assez bien indiquée, même si parfois le tracé sur le GPS (téléchargé sur Internet) s’avère bien utile.

A Tilbury, le petit bac (où ne passent que piétons et deux-roues) nous permet d’éviter le grand pont qui traverse la Tamise un peu plus loin. Pas de touristes ici, uniquement les gens du coin. D’ailleurs, Gravesend, sur la rive en face, est tout sauf touristique… Nous choisissons ensuite de continuer sur la route qui fait le tour du Kent, plutôt que de couper direct vers Portsmouth. Et, si la sortie de Gravesend est un peu laborieuse, ensuite nous ne le regrettons pas, passant dans des endroits très chouettes, jusqu’aux falaises crayeuses de la côte sud-est. Les villes portuaires que nous traversons au passage, Whistable, Rochester, Dover, ne sont guère plus folichonnes que celles du côté de Londres. Quelques-unes sont un peu plus touristiques comme Sandwich ou Deal, avec ses pavillons tout au long de la grande plage de galets. Nous arrivons dimanche soir (1er août), après moult montées et descentes, au petit camping pour tentes de Folkerstone, qui surplombe la mer et la plage au pied de la falaise. Les enfants se font plaisir et ramassent une quantité impressionnante de morceaux de verre de toutes les couleurs polis par le ressac.

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Esbjerg – Tilbury
Tilbury – Folkestone

Tim – Esbjerg

2 août 2010

Les enfants sont motivés par le retour, nous battons tous les records et avançons très vite malgré le vent de face (au sud, cette fois).

Ca y est, sur l’immense plage de la côte ouest, nous avons pris notre premier bain dans la mer du Nord et….et ben, elle est pas si froide ! Si si, je n’ai mis que dix minutes à m’y mettre ce qui peut être un record pour moi. Nous étions dans un camping concentrationnaire, mais qui nous a offert un magnifique coucher de soleil (à ce jour le plus beau que j’ai vu): rouge, rose, orange avec un petit phare, très mignon. Oh, j’entends déjà les puristes, un phare ne peut être « mignon », c’est beau, grand, massif,… mais pas mignon. Et bien celui-là était mignon et ressemblait aux fèves que nous avions dans la galette des rois cette année.

Cette partie de côte danoise est très touristique et peuplée essentiellement… d’Allemands. La piste traverse les dunes tout du long, et sur les portions non habitées le paysage prend des aspects lunaires. Les teltplads où l’on passe la nuit sont peuplées aussi, mais plutôt d’autochtones pas dérangeants.

Nous avons retrouvé à Esbjerg Catherine, Vincent et les enfants qui montaient vers la Norvège en camping car (regard envieux des enfants Mallard !). C’était sympa et marrant de se croiser au Danemark dans un camping. On a pu contempler les photos de leur mariage ainsi qu’une très belle collection de chaussures et de grimaces (merci les amis).

Pour le moment on est sur le ferry pour l’Angleterre (Harwich). C’est pas de chance pour moi, à chaque fois qu’on prend un bateau il y a du vent, du coup de la houle et même si le bateau est très gros, il bouge quand même… je ne suis pas encore verte mais ça ne saurait tarder et, si cette fois la cabine sent mauvais je crois que ce sera de ma faute ! Bon j’arrête là, vous êtes peut être en train de manger ou prêts à le faire (quoique là vous n’en avez peut être plus très envie). En attendant, la musique au bar est bonne et, dans la cabine, les enfants dorment sur les couchettes du haut, du sommeil de l’innocence (ou alors ils imitent bien !).

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Bratland – Tim

22 juillet 2010

Jeudi, 9h, le ferry de Fjordline accoste à Hirtshals. La pluie ici vient de cesser. Nous retrouvons le Danemark et ses « teltplads » avec plaisir, et le sentiment d’être en terrain connu (c’est que nous savons bien 5 ou 6 mots de Danois, maintenant !). De Hirtshals, nous descendons tout droit vers Aalborg (par les petites routes), pour éviter de reprendre la route n°1, jolie mais peu roulante (beaucoup de piste et de sable), puis en direction de Esbjerg, où nous prévoyons d’embarquer pour l’Angleterre (ce sera le 24 juillet). Nous nous prenons un orage de grêle mémorable, c’est que ça fait mal les grêlons sur la peau nue ! Après la Norvège, le pays nous semble bien plat, notamment de grandes zones agricoles que nous traversons après Hirtshals, toutes en champs cultivés et bâtiments d’élevage intensif qui puent de loin. Le vent du sud, soutenu, jour après jour, est usant. Pourtant nous avançons relativement vite, nous faisons une moyenne de 50 kilomètres par jour – les 30 kilomètres par jour du début sont loin, nos cuisses se sont musclées (tout en restant sveltes et élancées, bien entendu !). La campagne reste tout de même assez boisée, avec de jolies bâtisses par endroit, et nous passons aussi dans des secteurs plus vallonnés et champêtres. Lundi, la route 18 que nous suivons emprunte une piste qui traverse une vaste zone de landes et de forêts, sur une dizaine de kilomètres. C’est très joli, mais la piste est faite de graviers de silex et de sable qui crissent et s’enfoncent sous nos vélos chargés, et nous passons plus de temps à regarder le sol devant nos roues pour trouver le meilleur passage et à souffler dans les montées (et même sur le plat !) qu’à contempler le paysage… Mardi, itou. La lande, chaude et ensoleillée, a des odeurs du Midi. Au milieu de la traversée, pique-nique dans le coin idéal, avec des tables en bois, au bord d’une petite rivière à l’eau claire, à l’ombre des chênes et des pins. Bonne occasion pour une petite toilette, même si l’eau est assez froide.

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Leirvik – Bratland

13 juillet 2010

Hey, on l’avait pas dit avant mais on est en Norvège !!! Yopelipela.

Balade vers un glacier, c’est beau et Léo rage que nous ne puissions pas aller jusqu’au bout. Premières fraises des bois, par contre les myrtilles sont encore vertes, mais plus bas elles ont été mangées par Pascal et les enfants ! Nous avons passé la nuit au dessus d’un fjord, majestueux. Les montagnes autour sont raides et ressemblent aux Alpes. Le vent se lève parfois brutalement… cela fait deux fois que le soir il y a juste un peu de vent avec quelques rafales et que dans la nuit ça souffle en tempête. Du coup, tous les soirs tous les haubans sont posés et on ne lésine pas sur le nombre de sardines. Heureusement que nous avons de nouveaux arceaux pour la Helsport, avec les autres on se serait retrouvés « à poil » au beau milieu de la nuit.

Jusqu’à ce jour je ne savais pas quelle race d’animal j’aimais le moins, maintenant je sais : les medges. Je crois que je vais même militer pour leur extermination de la surface de la terre ou tout du moins des endroits où je suis susceptible d’aller. Et même si je me rends bien compte que tout ça n’est ni très écolo, ni très respectueux, ni très gnagnagna, je hais ces bestioles autant qu’elles sont petites. Seul point positif, elles n’aiment pas le vent et en Norvège nous n’en manquons pas !

Demain matin nous rendons la voiture, sniff j’aimais bien conduire mais, en arrivant au camping où nous avions laissés les vélos, je suis rudement contente de retrouver le mien, et les enfants aussi. Demain donc, visite de Bergen et ensuite départ mercredi pour le Danemark et le retour de notre périple. Autant j’étais pressée de rentrer à un moment, autant maintenant que ça se rapproche je freine et n’ai pas tant envie que ça s’arrête, et oui c’est tout un art et un sacré entraînement que de n’être jamais satisfaite.

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PS : Les enfants reprendront le blog après la Norvège, ils sont en vacances…

Hirtshals – Leirvik

10 juillet 2010

Nous voilà donc arrivés à Bergen, avec moins de vent qu’au départ de Hirtshals mais sous une petite pluie. On enfile les pantalons étanches devant la douane d’où on se fait virer avant d’avoir fini ! Et on se retrouve plus loin sur le trottoir à s’équiper auprès d’une famille à vélo qui en fait autant. Ils étaient sur le même bateau et nous ressemblent fort, en plus ambitieux : 3 enfants, une à vélo, un en tandem avec maman et le dernier dans une remorque ! Ensuite, nous cherchons à récupérer du liquide. Après le 4ème distributeur automatique nous finissons par comprendre que nous avons dépassé le plafond, euh ça va être chaud là. Je veux téléphoner à la banque et, oups on me demande un code « puk » que je n’ai pas, bien bien bien, je suis là depuis 1 heure et je veux déjà rentrer chez moi (le Danemark c’est déjà plus chez moi). Finalement tout s’arrange, je vous épargne les détails. Et la ville est magnifique, pleine de monuments, de statues, de côtes comme on n’en a jamais vues (et oui, on les monte à pied). Départ pour le camping à une vingtaine de kilomètres. On constate vite que la Norvège n’est pas du tout adaptée au vélo : en plus du relief, les rares pistes cyclables se trouvent en bord de route (forcément) et aux alentours de Bergen il y a beaucoup de circulation.

En Norvège, c’est facile de reconnaître les fous (ou les touristes inconscients), ils les mettent sur des vélos. Un petit vélo dans la tête, un autre entre les jambes, une paire de gros mollets et roule ma poule. Les voilà partis à pédaler comme des tarés (ben oui) le long des routes pleines de bagnoles, minimum 30 km/h dans les montées. Un truc à te vexer fissa si tu as un minimum d’amour propre. Sinon tu laisses le vélo au camping et tu loues une voiture. Ce qu’on s’est empressé de faire.

Notre fin de séjour se fera donc en voiture et à pied ! Le lendemain, première balade vers un mont de 673 mètres, s’il vous plaît (j’ai, 3 jours plus tard, toujours mal aux cuisses !), en suivant, carte et GPS à l’appui, un chemin à peine marqué dans la forêt, puis sur la roche et dans les mousses humides. Lila et Anne constatent que leurs chaussures ne sont pas parfaitement étanches…

Nous partons avec notre petite, très petite (le chargement est millimétré), voiture découvrir les îles et les reliefs au sud de Bergen. Les paysages sont superbes, notamment lors des traversées en ferry et depuis les hauteurs. (Note lyrique du jour : la Norvège est une terre d’interfaces, entre mer et roche, qui décline à l’infini les nuances de gris). Pour marcher, le relief est très accidenté et les chemins pas toujours très praticables. En dehors des forêts et du caillou, le sol est le plus souvent recouvert d’une végétation basse et de mousses gorgées d’eau, qui mettent à rude épreuve l’étanchéité supposée des chaussures Gore Tex. Pas mal de tiques aussi, on s’inspecte régulièrement. Pour la randonnée à pied, la Norvège n’est pas des plus horpitalières. Mais les points de vue et la sauvageté des lieux, dès qu’on s’éloigne un peu des endroits habités, en valent largement la peine.

9 juillet. Ce soir il fait doux mais le vent souffle en fortes rafales, qui secouent les tentes. Par moment il pleut. Il est 11h20, les enfants dorment depuis peu (nous sommes arrivés tard au camping de Fitjard) après une platrée de nouilles au bacon grillé avalée goulûment. Il fait sombre mais jour encore. Le ciel est chargé de nuages gris et denses aux formes cotonneuses qui filent vers l’est au dessus de nos têtes. Norvège, début juillet !

Nous faisons aujourd’hui un second camping sur l’île de Stord, très chouette aussi, comme le précédent avec un petit coin en herbe pour les tentes, en bord de fjord. Nous sommes les seuls campeurs et, globalement les tentes sont rares : avec la pluie, le vent, et les medges (pas, ou peu de moustiques, par contre), les gens du coin optent pour la caravane ou le camping-car. En sauvage, difficile de trouver un coin, les rares parties un peu plates sans routes ni voitures et à distance des habitations sont le plus souvent marécageuses.

Demain, montée jusqu’à un glacier, du côté de Rosendal. Léo va se régaler (je crois qu’il aime bien crapahuter !). Puis ce sera le retour vers Bergen… Si on revient en Norvège, ce sera avec bottes, kayak (toutes ces îles, ces petites baies, le paradis du kayakiste !), canne à pêche (petite frustration de Pascal) et tente autoportante (plus facile à caser, y compris sur le caillou…).

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Billund – Mer du Nord

7 juillet 2010

29 juin matin. On peine à partir du camping (un vrai, avec plein de jolies caravanes), où on a rechargé les batteries, réglé des histoires de courrier, préparé la route à venir et profité de la piscine et de la connexion Internet. Lever tardif (les tentes sont à l’ombre), douche de Lila, vaisselle, préparation habituelle des affaires… Quand on est enfin prêts, après quelques tours de roue, Anne se rend compte que son pneu est à plat. C’est une punaise, bien plantée au milieu du pneu. Verdict : deux doubles crevaisons, soit 4 trous d’un coup. Qui dit mieux ? Le reste des rustines y passe et on finit par décoller en début d’après-midi après avoir pique-niqué sur place. Il fait chaud (26°C à l’ombre annoncés) mais le vent du sud s’est levé et nous pousse. Pas sûr quand même qu’on arrive au bout des 40 km prévus. Sur la route, par endroits, une multitude de petites bulles de goudron, chauffées par le soleil, éclate sous nos pneus en un joli crépitement.

Finalement, on les fait, les 40 km, courses rapides et pause « école » comprises ! Lila raconte plein d’histoires à Anne et, du coup, pédale hardi petit. Léo et moi suivons comme on peut. Déception à l’arrivée, la teltplads visée n’existe plus depuis plusieurs années. Nous nous posons finalement à proximité, dans un parking herbu au pied d’une petite colline, du haut de laquelle on domine le paysage. La colline est couverte de myrtilles. Les enfants s’en régalent et en ramassent un petit sac. Pendant qu’on attaque les pâtes-sauce tomate, un groupe d’une petite dizaine de Danois arrivent en vélo sur le parking et s’installent joyeusement à la table voisine. Ils viennent prendre le café ensemble et nous précisent qu’ils ne restent pas longtemps. Ni les medges bien présentes ce soir-là, ni les quelques gouttes de pluie qui commencent à tomber ne semblent les gêner. Léo et Lila leur proposent des myrtilles, on reçoit du melon en retour. Ils replient et repartent comme ils sont venus, tout aussi joyeusement.

30 juin. Matin bruineux, les nuages d’ouest filent vite. Petit déjeuner à deux, les enfants dorment encore. Un monsieur venu avec son chien d’une maison voisine nous indique que la colline, qui s’appelle Daugbjerg Dås, est un reste de moraine de la période glaciaire. Une légende locale veut qu’elle se soulève parfois, et qu’en sortent des femmes belles au chant envoûtant. Les hommes qui se laissent attirer finissent engloutis par la colline. Aujourd’hui, en fait de belles femmes, ce sont surtout des moutons qu’on voit sur la colline. Ils se mettent tout à coup à bêler et se précipitent vers l’abreuvoir à l’entrée du champ. La voiture de l’éleveur, dont ils ont reconnu le bruit de très loin, s’y arrête bientôt, entourée des moutons. Lila ira voir les moutons se faire soigner, mais reviendra dépitée, faute d’avoir compris ce qu’on lui avait dit et d’avoir pu elle-même se faire comprendre. Dur, l’obstacle de la langue.

1er juillet. Le matin, nous suivons une ancienne voie ferrée, bien confortable. L’après-midi, traversée de Mors selon l’ancien tracé de la piste n°2, pas terrible : relief peu marqué, beaucoup de cultures, de bâtiments d’élevage intensif, de voitures… (NDA : c’était un petit message du troll !).

2 juillet.

Dernier soir avant Hanstholm, nous partageons la place de bivouac avec des Français qui nous offrent l’apéro, ils viennent juste d’arriver en camionnette et ont encore des produits français, dont de l’excellent comté. Sourire ravi de Lila qui dit « c’est du vrai saucisson ? ». Il faut dire que la dernière fois que nous en avons acheté, un peu à l’aveuglette, il avait un goût prononcé de clou de girofle, sympa quand tu as mal aux dents mais sinon pas top, te laissant une vague impression d’un passage chez le dentiste.

Ce matin je me faisais la réflexion qu’au bout de 3 semaines je m’étais dit, pas la peine de partir 5 mois, j’ai l’impression d’avoir fait une coupure de plusieurs mois. Au bout de 2 mois, je me disais 5 mois ça va être long ; les amis me manquent et surtout le quotidien. Pas mon lit ni le confort matériel, mais celui de savoir tous les jours où je vais dormir et à peu près ce que je vais faire de ma journée, le quotidien quoi. Aujourd’hui, je me dis qu’une longue coupure c’est très bien. Maintenant, je suis toujours pressée de retrouver tout le monde, mais l’inconfort que je ressentais il y a quelques semaines et qui me gâchait un peu la vie a disparu. Peut être que demain il pleut et ce n’est pas grave on mettra les KWays et si on ne trouve pas de coin pour dormir on dormira sur un parking, c’est super agréable de ne plus se poser 10000 questions et de vivre le moment présent réellement et pas en se forçant juste parce qu’on sait au fond de nous que c’est ce qui est mieux. Seul point noir (quand même, faut pas pousser, je reste moi même), la cigarette… on n’en trouve plus sur le bord de la route dans des paquets abandonnés et je m’en fumerais bien une, même deux pourquoi pas !

3 juillet. Bon, plus jamais vous ne lirez « demain il pleut et ce n’est pas grave » dans ce que j’écris : on vient de se prendre, ce soir, un méga orage et notre tente (bêtement installée dans un creux) flotte maintenant sur un matelas d’eau (sous le tapis de sol), c’est marrant (ça fait flop flop sous la main sans qu’elle soit mouillée) mais pas très sec, on remonte la tente quelques mètres plus haut…

Lila avance de mieux en mieux, il faut dire qu’elle est de plus en plus à l’aise sur son vélo et réussit à s’accrocher aux sacoches de son père l’air de rien !

Nous sommes à Hanstholm pour prendre le bateau vers la Norvège. Euh, y a pas de bateau, la ligne est supprimée depuis un an – la crise, nous dit-on. Tant pis, on continue vers Hirtshals, c’est à environ 3 jours de route. Par contre, on va appuyer sur la pédale pour pouvoir prendre le bateau de mardi, sinon il faut attendre jeudi. Nous avons enfin réussi à recevoir un colis (au camping de Hanstholm), les enfants sont ravis de lire de nouveaux bouquins en mangeant des caramels au beurre salé et nous, nous allons enfin pouvoir dire autre chose que Tak (merci) en Danois.

4 juillet, pour appuyer, on appuie : 75 km au compteur dont une bonne partie sur piste gravillonnée, et arrivée dans un lieu de bivouac top, top, top. Cabanes, eau et même roulotte permettant de se mettre à l’abri des medges. Plus on va vers le nord, plus elles sont présentes et insistantes (en regardant les jambes de Pascal, on pourrait croire qu’il vient d’avoir la varicelle. Pour moi c’est plus facile cela fait un gros bouton tout de suite, mais comme je suis raisonnable et que je ne gratte pas le lendemain plus rien, gnagnagna.)

5 juillet, nous longeons la côte, c’est joli et en même temps très touristique – il y a un peu trop de maisons de vacances posées un peu partout dans les dunes. La route est inégale, beaucoup de chemins, les enfants enragent : ça fait baisser notre moyenne ! La route nous fait passer sur une quinzaine de kilomètres sur la plage. En fait, les gens y viennent en voiture, la posent au milieu, et s’en servent d’abri contre le vent – comme ça pas de problème de parking, par contre je me demande ce que ça donne en pleine saison et où est le plaisir de bronzer entre deux voitures. Pour nous en tous les cas c’est sympa, vent de dos, bruit de la mer et les traces des voitures permettent de ne pas trop s’enliser.

Au bord de la route, particulièrement depuis qu’on est entré au Danemark, on trouve beaucoup de petits étals en libre-service, avec une boîte pour y laisser l’argent. D’une fois sur l’autre on peut y acheter des fraises, des pommes de terre nouvelles, des sacs de bois, de la confiture, voire des bonnets et chaussettes tricotés maisons.

Demain nous arrivons au port, j’espère qu’il restera de la place dans le bateau et surtout une cabine : départ 15h et arrivée 10h30 le lendemain.

6 juillet. On est dans le bateau (il était plein pour les voitures mais avec les vélos pas de souci) et nous voguons vers Bergen. Lila a trouvé le grand écran avec les Pixar qui passent sans discontinuer et Léo après un épisode de visage vert (ça tangue sec et nous avions une cabine ou le précédent occupant s’était un peu lâché sur la moquette !) va mieux et visite le bateau. Nous avons croisé un français qui connaît déjà un peu la Norvège et a potassé le guide du Routard. Il nous conseille de rester aux alentours de Bergen et prendre le temps de visiter plutôt que faire beaucoup de route et ne pas en voir davantage. Nous ne resterons finalement qu’une dizaine de jours en Norvège. Puis, plutôt que rentrer directement en train ou avion, nous repasserons au Danemark pour Esbjerg sur la côte ouest, afin de prendre un ferry vers Harwich (Grande Bretagne). Ensuite, Portsmouth à nouveau en vélo, traversée en ferry vers Saint-Malo, et là la maison ne sera plus bien loin.

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Kolding – Billund

28 juin 2010

Ce matin les enfants ont la pêche nous devons arriver ce soir à Billund, ville de Legoland. Lila pédale à fond et nous enjoint fermement à nous dépêcher, elle va même jusqu’à vouloir nous pousser. Je pense que l’on peut arrêter de s’inquiéter quant à ses capacités ou sa forme ! Une branche se coince dans ma roue avant, pas de chance, le garde-boue se tord et se prend dans la roue, 2 rayons cassent. Pascal récupère mes sacoches avant pour alléger la charge, et nous voilà sur la grande route pour trouver une réparateur, cette fois-ci sans piste cyclable – ce qui ne nous était pas arrivé depuis la France.

Au passage, les Danois (comme les Français) se classent en deux catégories pour ce qui est de la conduite : soit ils te doublent avec beaucoup de prudence et en se déportant bien pour ne pas gêner, soit ils te rasent en fonçant comme des malades. Le klaxon de Pascal reprend du service (ça sert à rien une fois la voiture passée mais ça lui fait du bien)…

Nous finissons par trouver un réparateur un peu bizarre, genre Bagdad Café, mais nous avons perdu beaucoup de temps nous ne serons pas à Billund ce soir. Les enfants sont déçus mais nous trouvons un emplacement pour la tente génial et nous pouvons même y faire du feu (tartines grillées le matin !). Nous repartons très tôt le matin pour faire l’ouverture de Legoland, les enfants nous réveillent à 6 heures (dur dur). Lila fera la route avec une moyenne de 14 km/h, avec des montées et vent de face !

Nous passons la journée dans les attractions à Legoland. C’est bruyant et il y a beaucoup de monde mais les enfants se régalent, Léo passera dans un séchoir ses vêtements sont trempés et le soir je n’arrive pas à les faire sortir du parc – Pascal compris, qui pour le coup est aussi motivé que les enfants pour parcourir toutes les villes reproduites en miniature.

J’oubliais, le Danois est une langue absolument incompréhensible pour nous autres, même si certains mots nous rappellent vaguement quelque chose sur le papier ( mælk pour lait, par exemple). Heureusement, comme les Néerlandais, ils parlent « a little bit » English (little bit, tu parles !).

A l’heure où j’écris, Pascal et les enfants sont partis sauver un hérisson tombé dans un trou, sacrée aventure.

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Nordstrand – Kolding

28 juin 2010

Nous voilà donc parti vers le Danemark. Le dos le Pascal va beaucoup mieux il n’est presque plus coincé, le troll se fait plus rare !

Arrivée au Danemark par une piste qui traverse une forêt, censée être la piste cyclable mais assez scabreuse et avec un sacré dénivelé… on pousse ! Oh, oh où est le pays plat, très loin.

Une dame qui faisait son footing pousse gentiment Lila dans la côte, nous en profitons pour poser toutes les questions sur la langue danoise, faute d’avoir réussi encore à récupérer le guide de conversation : comment dire merci, bonjour, bière… Premier contact avec les Danois, qui s’avère très sympa, comme le seront les suivants. Après chaque nuit en camping ou dans un champ chez l’habitant, les enfants ont droit à une petite douceur (bonbon, canettes de cola), on se demande si ce n’est pas une coutume ?

Le sud-est du Danemark que nous traversons est vallonné, ou plus exactement gondolé. Le paysage est très chouette, avec beaucoup d’arbres. La route monte et descend en permanence, mais jamais longtemps. On passe d’un fjord à l’autre en traversant des forêts, des étendues de champs cultivés, des champs à vaches, des zones tourbeuses. Parfois on longe la mer. La côte n’est pas très haute mais bien assez pour nos petites jambes.

Les maisons sont en briques toujours, mais souvent enduites et peintes en couleur (jaune), elles ont presque toutes l’année de leur construction écrite sur le fronton, de même que les bâtiments d’élevage (les plus anciens intensifs datent des années soixante). De nombreux mâts sont plantés dans les jardins, mais la moitié du temps sans drapeau, le Danemark aurait-il déjà perdu en coupe du monde ? Le style de l’habitat (même si plus grand) ressemble à ce que nous avons pu voir en Flandre ou aux Pays-Bas. L’entourage des habitations est toujours bien entretenu et souvent propret, mais juste ce qu’il faut pour que cela soit fonctionnel. On laisse l’herbe et les buissons pousser, la nature a sa place. Beaucoup d’endroits pourtant très bien entretenus gardent un petit côté sauvage. Dans les collines, certains chemins pentus, bordés de feuillus, de résineux et de framboisiers et que traversent le soir de grosses limaces noires, ne sont pas sans rappeler le Jura.

Revenons à des choses plus essentielles, cela faisait longtemps qu’on n’avait pas parlé des toilettes publiques (et pour cause, il n’y en avait pas), oui oui, ça vous manquait. Et bien au Danemark, c’est le règne des toilettes publiques, elles sont très nombreuses, fléchées et d’une propreté ahurissante, on pourrait y prendre le thé. Mais on se contente d’y faire notre toilette après le camping sauvage ou de faire la vaisselle !

Le camping sauvage justement, pour cela aussi le Danemark est un paradis. Il y a un réseau qui s’appelle « Overnatning i det  fri » qui recense plus de 1000 places où poser sa tente, souvent sans rien demander à personne. Ce ne sont pas des campings mais des petits emplacements de bivouac, aménagés juste ce qu’il faut pour être confortables, par rapport à notre bout de champ habituel : de l’herbe pas trop haute, une place (voire du bois) pour le feu, des bancs ou des troncs où s’asseoir, éventuellement des tables et un abri, parfois de l’eau, parfois non. Surtout, beaucoup de ces emplacements sont assez idylliques, situés dans de très jolis coins (clairière dans une lande boisée, petite vallée herbue entre bois et pâtures…). Certains le sont moins, comme celui de Kolding, situé juste en bordure de ville : arrivée au bord d’une plage, un peu de monde, normal, cela devrait se calmer avec la tombée de la nuit, on va attendre pour être les rois du monde. Ca y est, tout est le monde est parti, nous allons pouvoir nous laver à la bassine et surtout profiter du coin sans bruit, hurlements, chiens qui viennent te tourner autour. Et puis, un bus arrive, huuuuuum, le bus se vide avec une trentaine de jeunes, mais oui bien sûr… Tout le monde à l’eau et que je crie et que je hurle… Le bus repart, puis revient avec une deuxième fournée de jeunes qui en débarque ! Notre tête  (de vieux cons !) à Pascal et moi, cela devait mériter une photo mais on n’avait pas le cœur à ce moment là. Pour finir, ils ne sont pas restés trop longtemps et surtout le vent portait dans le bon sens pour nous.

Lila a trouvé une paire de lunettes de star, elle ne veut plus les quitter, on dirait Chips de la série TV américaine. On n’a qu’une envie en la voyant c’est rigoler, elle le prend plutôt bien et de toute façon refuse de les enlever même si cela l’oblige à marcher le nez en l’air pour ne pas qu’elles tombent.

Le lendemain on reprend la route, les enfants sont très motivés, nous allons à Legoland !!!

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Winshoten – Nordstrand

19 juin 2010

Nous voilà à Winshoten pour récupérer cartes, lentilles de contact, morceaux d’arceau pour la tente et bouquins en poste restante. Première contrariété, la poste dont nous avions donné l’adresse est fermée depuis 2 mois. Un panneau devant envoie vers une autre poste, pas de problème, nous y allons. Deuxième contrariété, pas de paquet nous attendant dans cette poste. Après des recherches via internet, et mamans Mallard et Brabant, nous apprenons que un des paquets est reparti et que l’autre a bien été livré dans ce second bureau et réceptionné par Isle. Nous y retournons et trouvons Isle, pas fute fute qui a retourné le colis car elle ne connaissait pas de Mallard, ni la poste restante !!! Bref, en abrégeant nous sommes restés 3 jours à Winshoten pour récupérer des paquets que nous n’avons jamais eus. Nous repartons donc vers l’Allemagne en ayant retrouvé une nouvelle adresse de poste restante pour faire un renvoi des paquets, cette fois merci grand Léo. La météo nous annonce de la pluie pour toute la semaine, au moins nous sommes prévenus.

La ville n’est pas notre environnement favori. Avec tout notre équipement (tentes, chaussures de rando, matériel de cuisine…), autant nous sommes les rois du monde en bivouac dans notre bout de champ paumé dans la campagne, autant nous nous sentons lourds, patauds, pas à notre place au milieu des gens et de la circulation, dans nos habits un peu crasseux et avec nos cheveux mal coiffés.

Le passage de la frontière entre l’Allemagne et les Pays Bas est juste marquée par la fin de la piste cyclable, qui s’arrête net au milieu de la route ! Par la suite les pistes s’avèrent souvent présentes, mais généralement moins bien entretenues et surtout beaucoup moins utilisées qu’en Belgique et aux Pays-Bas. Le vélo n’est plus identitaire, la voiture reprend sa place, ce qui change l’ambiance en ville et en dehors. Rouler en vélo est quand même beaucoup plus facile qu’en France, tant en ce qui concerne les aménagements que le comportement des automobilistes. Détail surprenant, on voit beaucoup de casques sur les têtes (des cyclistes), alors qu’aux Pays-Bas c’était bien le dernier accessoire qu’on trouvait chez les marchands de vélos.

Toujours des drapeaux devant les maisons, peut-être un peu moins quand même qu’aux Pays-Bas, par contre beaucoup de voitures sont affublées d’autocollants aux couleurs de l’Allemagne, de petits drapeaux accrochés à la vitre… Devant les maisons, plus de cigognes et panneaux avec les prénoms des nouveaux nés, mais de grands cœurs avec des chiffres au milieu annonçant l’anniversaire de mariage, voire un anniversaire tout court. Nous retrouvons les mots d’Allemand pour nous faire comprendre, et c’est tant mieux car l’anglais est beaucoup moins connu que chez les Néerlandais.

Au nord-ouest de l’Allemagne, la campagne se fait plus bocagère, moins systématiquement marquée par l’emprise de l’homme. Nous nous remettons donc avec bonheur au bivouac « sauvage » (mais généralement en ayant pris la peine de demander), en alternance avec les campings, moins nombreux qu’aux Pays-Bas. Entre Itzehoe et Husum, nous traversons même une vaste zone assez déserte et vallonnée de champs, de bois et de marais.

Weather-Online n’avait pas menti, il pleut toute la semaine. Mais, jamais au montage ou démontage de la tente, ni pendant les pauses et très rarement dans la journée mais plutôt la nuit.

A Hahn, nous arrivons dans un grand camping atypique, ancien centre pour les tuberculeux, puis centre militaire de la marine. Au milieu de la forêt, avec des bâtiments un peu humides et sentant franchement le renfermé. Mais accueillant, tranquille et finalement très sympa. D’autres campings originaux suivent : un tout petit, réservé aux vélos, avec cette fois une cabane à disposition des enfants, et des bières et glaces à disposition au frigo. Nous (adultes) préférons la tente. Le tout dans un centre équestre avec un propriétaire d’une grande gentillesse nous proposant de disposer de sa maison comme de la  nôtre. Un autre jour encore, par facilité et vu l’heure avancée, nous nous arrêtons dans un camping à caravanes « pourri »… mais extraordinaire ! Il est situé juste en bordure du canal de la mer du Nord à la Manche et l’on voit passer au dessus des petits toits blancs les énormes infrastructures des porte-conteneurs et autres gros bateaux.

Au cours d’une de ces nuits, les aventures de Lila continuent puisqu’en glissant au bord de la tente et alors qu’il pleuvait vraiment fort, elle se réveille le duvet mouillé. Après avoir vérifié qu’elle n’avait pas fait pipi au lit, elle nous appelle pour qu’on vienne gérer. Il est 4 heures du matin, il fait jour et il pleut dehors ! Finalement nous dormirons tous les trois dans notre tente, Léo comme un roi tout seul au milieu dans la sienne, de son avis, sa meilleure nuit depuis le début !

Par endroits, en l’absence de vent, les medgees apparaissent le soir vers 9h, une bonne demi-heure avant le coucher du soleil. Assez vite, rester dehors sans protection devient très inconfortable, sauf à se déplacer en permanence. Elles nous attendent aussi le matin, tant que le jour n’est pas suffisant.

Dans cette zone rurale, nous trouvons assez peu de commerces, et surtout des petits supermarchés discount genre Aldi ou Netto… Pas toujours facile de varier les menus ni de tester les spécialités locales. Les bières que l’on trouve sont plutôt lavasse (et pas de Kriek !). Ah si, le pain, notamment le Volkorn Brot à la farine de seigle et diverses céréales, coupé en minces tranches, très foncé et tellement lourd qu’il tombe directement au fond du bol du matin : un délice !

Nos aventures avec la poste restante continuent puisque la poste allemande refuse les paquets (ne prend que les lettres) et que c’est justement ce que l’on nous avait envoyé ! Ce sera à ce jour le plus gros point noir de notre balade (c’est dire) ! Tout cela est vite oublié après avoir écumé tous  les opticiens de la ville et trouvé des lentilles pour Pascal et racheté les cartes qui nous manquaient.

Juste après Itzehoe, nous trouvons de nouveau un camping atypique… naturiste ! Heureusement il faisait froid et nous n’avons pas eu besoin de nous déshabiller de trop, seule les douches communes et sans porte ni rideau ne nous ont pas trop laissé le choix quant à une éventuelle pudeur.

Aujourd’hui 19 juin, nous sommes au bord de la mer depuis 3 jours, il pleut, le vent est violent (rafales à huit) et Pascal est couché, son dos rechignant quelque peu (ça va mieux, nous devrions pouvoir repartir demain)… Nous venons de manger dans un petit restaurant, du poisson et des röstis, très bon. C’est marrant de commander des trucs sur une carte en faisant plouf plouf, et d’avoir la surprise une fois que l’assiette arrive. Nous n’avons encore jamais été déçus.

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Appelsha – Winschoten

13 juin 2010

Ben alors, où sont les nouvelles ? Et oui, nous sommes maintenant en Allemagne depuis 1 semaine (voir la route). Nous venons de traverser l’Elbe par le bac de Wischhafen après deux bonnes journées de pédalage. Promis, nous allons arrêter de boire des bières le soir et prendre le temps de vous raconter un peu. En attendant, heureusement que les enfants sont là pour écrire. A la vôtre !

Les photos sur Picasa en avant-première :

3 juin, 8h. Il fait doux déjà, dans le camping sous les pins de Norg. Pas de bruit – les rares occupants du camping dorment encore ou sont dans leur caravane – si ce n’est le chant des oiseaux et une petite brise dans les branches hautes. Grand beau, le soleil filtre entre les troncs. Demi-ombre et odeurs de résine. Ça sent l’été…

De Eemhof – Appelsha

2 juin 2010

En quittant Center Parc on longe assez longtemps la Velouwemeer (pour ceux qui se demandent, c’est de l’eau douce !), zone passablement touristique avec par endroits de gigantesques campings. Mais nous découvrons aussi les Natuurkampeerterrein, dont certains (dont celui de Zeewolde) ne sont pas gardiennés et où on laisse le paiement dans une boîte aux lettres. Vous remarquerez au passage cette étrange manie dans la langue néerlandaise du doublement des voyelles, et les mots de trois kilomètres (ils sont fous ces Hollandais).

Après la région très urbanisé d’Utrecht, on traverse un paysage beaucoup plus rural, et les lotissements aux petites maisons bien rangées laissent la place à de grosses demeures plus traditionnelles, qui jouxtent souvent l’élevage.

Ce ne sont pas les campings qui manquent, par confort et souvent nécessité nous y dormons tous les soirs, à la grande joie des enfants qui y trouvent souvent pleins de jeux, et avec quelques regrets de Pascal pour la tranquillité et la liberté des bords de champs (ce soir nous avions par exemple un groupe de boulistes à 3 m de nous pendant que nous dînions, cela a permis aux enfants de manger assis devant le jeu, on les aurait cru devant un écran de télé diffusant un match, chacun avait choisi son équipe.).

On pensait avoir fait le tour des paysages aux Pays Bas, grandes étendues de pâturages, forêts landaises, polders en cultures, zones marécageuses du bord des rivières… Mais que nenni, nous venons de traverser une vaste zone de landes et de forêts (dans le périmètre du parc national du Drents-Friese Wold), assez inattendue. Mais qui dit forêt, dit moustiqueS, nous faisons des concours avec eux, genre 15-0 pour Pascal qui adore les attraper au vol pour les écrabouiller (sadique !). Par contre beaucoup moins facile avec les midges, sales petites mouches minuscules et très vives qui ont l’apparence d’inoffensifs moucherons et s’avèrent beaucoup plus voraces, nous laissant des petites marques rouges qui grattent, qui grattent…

Lila va beaucoup mieux, en plus je la remorque régulièrement pour éviter qu’elle ne se fatigue trop. On en profite pour réviser les tables de multiplication, qu’elle maîtrise parfaitement et les conjugaisons (déjà moins facile pour elle).

Après une bonne journée de pluie, grise et ventée (plus ou moins dans le dos) comme il se doit, le soleil est de retour, tadaaa.

Dimanche, sous la pluie donc, nous traversons de jolis paysages et de jolis bleds (dont Molecaten), déserts ou quasi. On croise quand même quelques cyclistes sur le chemin, en général mal équipés pour la pluie et bien mouillés. Nous passons aussi deux bacs. A l’embarcadère du premier, paumé dans la campagne, une bande de joyeux lurons chantent au son de l’accordéon, à l’abri d’un auvent accoudé à une caravane. Le second bac est peu banal, tiré à la main sur un câble (vous admirerez ci-dessus l’air concentré du batelier !). Ambiances, et sympathiques rencontres.

Arrêt le midi dans une baraque à poissons, typiquement local ; dégustation de hareng cru et de hareng fumé (ou séché ?), c’était bon. Dégustation aussi d’autres poissons frits, les enfants ont adoré. Nous découvrons un autre truc (et vous allez comprendre pourquoi « truc ») ressemblant à un poisson momifié sous son emballage plastique, mais qui s’avère être du maquereau fumé et surtout drôlement bon.

Nous avons utilisé le bon pour le pressing, les duvets des enfants ne sentent plus le poulailler, ce n’est pas plus mal le matin quand on ouvre la tente.

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Turnhout – De Eemhof

27 mai 2010

En partant de Turnhout, accompagnés du grand Léo, nous arrivons rapidement en Hollande, puis en Belgique, puis en Hollande et comme ça 7 fois de suite sur quelques kilomètres. Pas ordinaire ! Apparemment la situation s’est stabilisée comme ça.

Ici, comme en Belgique, lorsqu’il y a une naissance on met des cigognes en carton, en plastique, en bois devant la maison avec le prénom de l’enfant. Merci à Léo (le grand) de nous avoir expliqué tout ça. Idem pour les vaches qui ne sont pas OGM (vous y aviez cru ?), mais sélectionnées pour leur arrière-train. Ce qui fait le régal des vétos puisque plus aucune naissance ne se fait sans césarienne.
Nous prendrons le bac plusieurs fois pour arriver à Utrecht, les enfants adorent, c’est toujours ça de moins en vélo. Nous traversons des paysages assez variés, plus que je ne l’aurais pensé. C’est beau, il y a un délicat fumet qui parfume l’air ambiant dans les zones d’élevage (c’est-à-dire partout où il n’y a ni bois ni maisons). Depuis Turnhout, il fait de plus en plus beau (malgré le vent du nord qui résiste aux cierges, trèfles…), c’est bien pour plein de raisons : école plus facile, moins de couches d’habits à enfiler le matin… et surtout, les champs sont fauchés et c’est top pour poser une tente – encore faut-il trouver le propriétaire du champ et lui faire comprendre que l’on veut dormir là et non dans son jardin !

Pour les courses, nous commençons à devoir nous adapter parfois par choix, style gouda vert criard (au pistou) – qui ne risque rien n’a rien. Parfois, par ignorance quant à la signification de l’étiquette, c’est comme ça que Pascal et les enfants ont fait un petit déj au lait caillé (karnemelk)… ils ont pas aimé. Quoique, dans le thé, ça fait une expérience intéressante : la chose précipite en prenant toute la couleur du thé. L’expérience s’est arrêtée là, personne n’a voulu boire.

Centre d’ Utrecht un vendredi soir, les vélos garés à touche-touche sur le bord des rues pavées pendant que leurs propriétaires boivent une bière sur le trottoir, tellement le bar est plein (genre le Bidule de Pornichet pour ceux qui connaissent). Toi tu viens de faire plus de 50 km, tu es un chouia fatigué et là tu te rends compte que sur ces autoroutes à vélos il faut faire attention aux voitures (quand même) mais aussi aux vélos qui foncent droit devant eux en klaxonnant pour te prévenir (quand ils le font) que tu vas te faire raser par un mec plus rapide que toi.

En fin de cette longue journée, notre pauvre, pauvre Lila que j’avais décrochée (c’est un peu dangereux en ville cette corde (tire-Lila) entre nous deux) fait une nouvelle chute sur du bitume râpeux, et pour être râpeux il râpe : le genou et le coude ! C’est un peu moins profond que la dernière fois, ça devrait guérir plus vite. Au camping, où nous finissons par arriver, je fais des pansements à Lila et elle va regarder son frère qui joue au bord de la rivière. Ca ne loupe pas, elle revient trempée, elle est tombée dans la rivière. Il faut refaire les pansements, il est presque 21h30, nous n’avons pas encore mangé…

Le lendemain nous allons à Amsterdam chercher des petits fauteuils de randonnée chez le fabricant, nous en avions déjà 2 (merci encore Gaëlle et Manu) mais 4 ce serait le pied, alors pourquoi se priver. On en profite pour regarder un peu la ville mais c’est le week-end de la Pentecôte et il y a vraiment trop de monde pour nous (mais que sommes-nous devenus, Pascal on savait déjà, mais moi ?). Dans la bataille nous n’avons pas trouvé de pharmacie pour Lila. Il n’y en a pas beaucoup et en plus elles sont fermées le samedi. Pendant que nous faisons les courses, une dame regarde le genou de Lila avec le pansement pitoyable qui pendouille, mais nous n’avons plus de gaze ni homéoplasmine (The pommade miracle). Elle parle français et nous propose de nous donner ce qu’il faut chez elle. Nous voilà dont chez Bonni (Espagnole, depuis 3 ans à Utrecht, après un passage à  Bruxelles entre autres) à prendre une bière en soignant Lila. Super moment, même pour Lila qui retrouve le sourire devant un bol de rondelles de saucisson et de pain. Quand à Léo il est dans une chambre à côté à prendre la pâtée sur une partie de Mario sur Wii, avec le fils de Bonni et un ami de celui-ci.

J’adore tous ces vélos, ces gens différents qui se croisent dans tous les sens. Tu passes de l’étudiante super sexy, au cadre costard cravate sur un vélo pourri qui couine tout ce qu’il peut en passant par un couple bcbg, la dame en jupe tailleur assise en amazone sur le porte-bagages. Sans parler de tous ces enfants posés à l’avant, à l’arrière, dans des caisses, des chiens dans la sacoche. Bref, c’est un festival pour les yeux.

Aujourd’hui (24 mai) nous sommes sur la route de, tenez-vous bien, Center Parc ! Cela fait presque 2 mois que nous sommes partis et les enfants qui, tout de même, ne râlent presque pas (trop), méritent bien ce petit luxe. Nous les parents allons tâcher de ne pas (trop) râler pendant ces presque 4  jours. Ce n’est pas gagné surtout pour le troll de la famille… Pendant la pause de midi où j’écris ces lignes, Léo est en train de travailler La gloire de mon père de Marcel Pagnol, ce n’est pas facile à comprendre, mais décortiqué ça fait de bonnes leçons d’éducation civique.

 Finalement, ce n’est pas pauvre, pauvre Lila, mais pauvre, pauvre, pauvre Lila. Notre dernière nuit en camping avant Center Parc est épique : Lila à 2 heures nous réveille, elle vient de vomir, heureusement en épargnant son duvet. Heureusement aussi, nous sommes dans un camping avec douche à volonté… Par contre, il faut me voir en pyjama, partie dans le noir aux tentes chercher une brosse à dents, et complètement paumée dans les bois où elles étaient censées se trouver… Finalement je retrouve mon chemin et Lila, le lendemain midi, s’enfile une barquette de fraises et se fait remorquer toute la journée.

Le camping dans lequel nous étions à Barlicum était très sympa, il y avait un coin randonneur dans les bois (donc), que nous partagions avec un couple de canadiens partis aussi en vélo pour quelques mois vers le Danube.

On commence à s’habituer au pays et à ne plus remarquer, par exemple, les nombreux vélos arrêtés devant chaque magasin. Mais il reste l’obstacle de la langue, et on garde une vision assez extérieure de la société néerlandaise.

Quant à Center Parc et sa rivière sauvage… Nous, les parents, sommes fourbus et les enfants se régalent. Actuellement ils regardent Dora l’exploratrice en Allemand, un bonbon vert gluant à la bouche en ayant l’air de prendre du bon temps, c’est dire !

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Gent – Turnhout

18 mai 2010

Léo-le-Grand nous a donné le guide de la LF5 (Landelijke Fietsroutes, l’équivalent des GR, pour les vélos) qui mène jusqu’à Turnhout, on laisse donc de côté le GPS et c’est moi qui suis le trajet sur la carte posée sur ma sacoche avant. De trop près sans doute, puisque je rentre dans Pascal qui vient de freiner (bêtement !) pour prendre une photo, dans ma chute j’entraîne Léo. Pour le coup il avait une photo en or, mais ne cherchez pas il ne l’a pas prise, trop occupé à chercher les dégâts, sur le vélo et sur moi : mon porte-bagages avant est tordu, vite réparé et du scotch sur mon guidon et ma cheville parsemé des trous (laissés par le plateau avant ?). Quant à Léo, il était tombé sur l’herbe et n’a rien eu, tant mieux.

La LF5 suit le haut des digues des rivières largement canalisées. Nous passons ainsi de la Schelbe (l’Escaut) à la Rupel puis à la Nete jusqu’à Lier. Le chemin, réservé aux piétons et vélos, est bien aménagé, tout plat et domine le paysage, relativement sauvages sur plusieurs tronçons. Notre moyenne augmente. Peu de ponts, mais beaucoup de passages assurés (gratuitement) par des bacs, que nous empruntons à deux reprises. Après Lier, la LF5 quitte les bords de rivières et pénètre dans la campagne par les petites routes et les chemins plus ou moins roulants mais toujours agréables.

L’avant-dernière nuit avant Turnhout, nous posons la tente chez un couple d’éleveurs, qui nous accueillent royalement. Inge et sa fille Heleen nous ramènent de la soupe le soir, et le lendemain nous trouvons des gaufres et du lait frais devant notre tente, puis nous sommes même invités pour le petit déjeuner, typiquement Belge : œufs, omelette et lard grillé, tartines et « sirop » (sorte de confiture) de pomme et poire. Nous passons un très bon moment avec eux à parler politique, entre autres (ça n’a pas l’air simple chez eux entre les Wallons et les Flamands !). Les enfants se régalent, en attendant – ils nous demandent maintenant du lard le matin !

Le soir suivant, nous arrivons au camping après un long passage au milieu d’une immense forêt de conifères assez inattendue, qui rappelle les Landes. Le camping est dans les bois aussi, et surtout au milieu d’un grand parc de loisirs, avec une aire de jeux, du jamais vu ! Des structures pleines de trucs et d’astuces. Les enfants ne voulaient plus partir. En ce moment nous sommes dans l’appartement de Lut qu’elle nous a laissé et nous passons de bonnes nuits sur un matelas avec, tenez-vous bien, une couverture chauffante sous le drap housse. Moyennant un aller-retour à Anvers en bus, nous trouvons enfin des arceaux pour remplacer ceux de notre tente « neuve » qui on cassé déjà plusieurs fois – nous n’avions plus qu’un tube de réparation, cela devenait urgent. En tout cas, on a du mal à digérer la tente d’expédition achetée juste avant notre départ au prix double de celle des enfants qui, elle, se comporte à merveille.

Et pour finir dans les récriminations je reviens de chez un marchand de vélos ou se trouve le vélo de mes rêves, que le marchand français m’assurait ne pas exister…

Voili, voilou, après une bonne pause et, dans le ventre, (entre autres) une bonne soupe de tomates, légumes, et boulettes de viande préparée par Lut, nous repartons demain pour la Hollande où – tous les Belges nous l’assurent – les routes pour vélos sont fantastiques.

Pour finir vraiment cette fois, nous arrêtons là notre tour des toilettes publiques puisqu’en Belgique elles sont payantes, même dans les restaurants et que ça commence à faire cher les visites. On verra ce qu’il en est aux Pays-Bas !

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Deinze – Gent

18 mai 2010

Le trajet se poursuit au milieu des maisons, moins design mais toujours très belles sur de petites routes campagnardes bien entretenues. Il reste difficile de trouver des petits coins intimes ! Arrivée dans la banlieue chic de Gent et ses magnifiques demeures, et enfin un jardin public pour pique-niquer dans un peu de verdure. Nous continuons vers le camping de Gent, qui se trouve dans un immense parc de loisir parcouru de canaux avec bassin d’aviron, vélodrome… et de grands terrains de jeux pour les enfants ! Les structures de jeu sont assez inventives et proposent des système de poulies, moulins… pour remplir de l’eau, du sable, même un bateau tiré par une corde pour traverser jusqu’à une île, un labyrinthe végétal, etc. Bref, le paradis des enfants – les nôtres essaient d’y passer le plus de temps possible. Le paradis des joggeurs aussi, puisque le terrain est semé tout du long de copeaux, on prend soin de ses genoux chez les Belges.

Le lendemain nous prenons le train pour Brugge (Bruges). Chouette, le train, ça avance sans pédaler : bonheur, trop court, seulement ½ heure de train. Les Belges ont dû nous prendre pour des gens bizarres, à nous voir photographier leurs parkings de vélos devant la gare de Gent, beaucoup beaucoup de vélos divers les uns sur les autres. Nous avons dû tourner plus de 5 minutes avant de trouver un emplacement pour laisser les nôtres ! On apprendra que ce sont les étudiants qui les laissent dans la semaine. De l’autre côté de la gare, d’autres parkings à vélos sont gardiennés.

Le soir au camping, nous avons eu la visite de Léo (le grand, Léo le petit lui devant son prénom, pour la petite histoire) et Lut qui venaient nous faire un petit coucou avant que l’on se retrouve à Turnhout. C’était marrant nous n’avions pas assez de verres, pas assez de sièges il va sans dire…, une agréable visite de têtes connues.

Brugge, une journée n’est pas suffisante pour en faire le tour, tellement de choses à voir, de différentes gaufres à goûter (Léo ne savait plus où donner des papilles).

Pour ce qui est de la météo, même si le soleil se laisse maintenant entrapercevoir, le froid reste présent et on en a un peu marre de manger avec deux pulls, la veste…

Visite de Gent, dans les travaux, mais malgré tout très belle. Passage au McDo, pas sympa : pas de jeux, toilettes payantes et  wifi en panne (but de notre visite, bien entendu) ! Et il fallait voir la tête de la caissière quand Pascal lui a demandé un verre d’eau – en Belgique on ne sert nulle part de l’eau du robinet. A force, elle a fini par revenir des toilettes avec le verre d’eau demandé et un air dégoûté ; ces Français, quel manque de savoir-vivre !

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Hazebrouck – Deinze

10 mai 2010

A Gode-qq-chose, peu après Hazebrouck, on utilise notre bon de dernier petit-déjeuner français (les intéressés comprendront). La boulangerie du bled n’était malheureusement pas à la hauteur de cette grande occasion, pas grave, on se rattrapera au retour.

La Belgique, Flandre Occidentale.  Le paysage n’est pas très différent des Flandres françaises, les maisons sont en brique aussi, mais souvent modernes et originales. Tout est propre, bien entretenu, bien taillé, bien rangé. L’espace est très urbanisé, il est difficile de trouver un petit coin de nature pour pique-niquer ou faire son pipi. On traverse aussi, du côté de Roeselare, des zones industrielles pas folichonnes. La plupart des routes sont dotées de pistes cyclables (dignes de ce nom). Et surtout, le comportement des automobilistes change, par rapport à la France : le vélo a toute sa place sur la route et n’est pas considéré comme un obstacle à franchir ! Nous avons moins peur pour les enfants. Les gens nous laissent passer, si nous nous pressons ils nous font signe de prendre notre temps, du jamais vu.

Ieper, notre première ville belge, vit dans – et sur ! – le souvenir de la première guerre mondiale, au cours de laquelle la ville a été totalement détruite (et les photos, en effet, sont impressionnantes). Une cérémonie a lieu chaque soir sous l’imposant monument aux morts de la porte de Menin, et les Allemands restent encore malvenus.

En y arrivant, petit coup de blues au moment de se loger, le camping est en travaux, une grande ville, les gens ne parlent pas comme nous, des vélos partout qui foncent (quelle calamité, ces vélos, ils sont les rois), les pancartes racontent des trucs qu’on comprend pas, un peu le mal du pays je crois. Il s’atténuera dans un B&B et disparaîtra le lendemain quand nous demanderons à un agriculteur si nous pouvons dormir dans un de ses champ et qu’il nous répondra en Flamant « Oui, là ? » avec un grand sourire. Il ne parle ni français, ni anglais, heureusement nous avions demandé à la dame du B&B de nous faire un petit mot en flamand. La transition vers l’étranger se fait tout de même en douceur puisque la majorité des gens parle le français. Enfin, passé la frontière et ses monts (Mont Noir et autres – on y trouve même un télésiège) nous sommes dans le plat pays pour de vrai. On se retient pour ne pas rire lorsqu’un habitant francophone chez qui on est allé chercher de l’eau et qui nous raconte sa région nous désigne la vague ondulation de terrain fièrement appelée ici « la montagne ». A côté, Vezin est perché sur l’Everest.

Côté temps, le vent, le froid et la grisaille continuent à nous faire front. Les lumières automatiques du vélo de Anne s’allument en plein midi.

On allait oublier de vous parler des vaches, du jamais vu, un cul, on dirait celui d’un cochon. En fait, je me demande si ce ne sont pas des vaches OGM ? Si vous avez la réponse…

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Le Burel – Hazebrouck

10 mai 2010

Comme ils sont beaux

Le Pas-de-Calais. Pays « sinistré », dixit un député du coin (cité dans le Canard). Oui, ça y ressemble. A Aubin-Saint-Vaast, installés (gracieusement, avec l’autorisation de la mairie) en bordure de la mosaïque de Mobil homes du week-end qui constitue le camping municipal, nous sommes regardés de travers par les riverains qui nous prennent pour des vagabonds (risquant de venir les voler dans la nuit ?). Vu à deux reprises, vers 13h, un gars du coin raide beurré soutenu jusqu’à sa voiture par un compagnon d’apéro ou patron de bar – mauvaise heure pour être sur la route. A côté, les Bretons font petits joueurs.

Le Nord. Début mai, nous voici dans le Nord. Avec toutes ses maisons de briques. Avec la pluie du Nord. Puis le vent du Nord, qui nous freinera jusqu’en Belgique. Et le froid. Et, plus sympathique, l’accent du Nord, du monsieur et de la dame âgés qui nous ont gentiment accueillis pour une nuit dans leur pâture, passé le premier moment de méfiance – il nous est arrivé de dire oui au pif, après s’être fait répété la même chose trois fois et n’avoir décidément rien compris. Plat pays, pas encore, enchaînement de montées et de descentes, quasi-pire qu’en Suisse normande – en moins joli, plus de cultures, très peu de bois ou de haies. Bref, le Nord est un grand champ couvert de briques et balayé par un zef glacial dont les occupants parlent une langue obscure. Mais non, on rigole, il y a aussi les frites et la bière. Et puis, on a aussi de la famille et des amis ici (ah bon, plus nos amis ???).

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Passage éclair au Mac Do…

4 mai 2010

Aujourd’hui nous sommes à Hazebrouck, petit coucou spécial à Benoît (il se reconnaîtra) ! Le vent du Nord est de retour, dur. Jusqu’à maintenant nous n’avions pas parlé des conditions climatiques pour ne pas tenter le sort mais maintenant après 3 jours de pluie, je peux le dire : nous n’avons pas eu une goutte d’eau pendant plus de trois semaines. Il faut dire que les ventes de cierges dans les églises situées sur notre trajet ont fait un gros boum, et il faut voir Lila à genou, son trèfle à 4 feuilles entre les mains psalmodier pour une météo sans pluie et du vent dans le dos ! Pas de photos cette fois on n’a pas trop le temps ! Bonne journée et bon courage !

Lisieux – Les Tilleuls (Abbeville)

29 avril 2010

  • Notre moyenne a carrément augmenté, depuis quelques jours nous faisons une quarantaine de kilomètres par jour. Les enfants ne se plaignent pas, mais hier soir Lila était rincée. Nous allons reprendre une trentaine et ce sera très bien, pour moi aussi d’ailleurs.
    Pour traverser la Seine nous avons pris le bac à Quillebeuf, c’était amusant et insolite, au milieu des nombreux autres véhicules (voitures, camions…). Alors que nous regardions la carte pour voir ou nous allions dormir, le capitaine du « bateau » a proposé à Léo de le rejoindre dans sa cabine en nous annonçant « je vous le ramène ». En fait, il lui a fait faire la traversée – ravi, le Léo !
  • 23 avril – Etretat, Hier soir, restaurant, et pour la première fois, pas un Mac Do – ravi, le Pascal !
    15 jours sans chaises, ni table ni murs, et vous avez deux enfants adorables au restau qui ne bougent pas, sages comme des images. Il est possible que la montée à 15% et les autres, un peu moins dures mais tout de même, y soient pour quelque chose ! D’ailleurs, il faut noter que les enfants montent les très grosses montées sur la selle pendant que les parents poussent leurs vélos à pied en ahanant.
  • Les enfants ont bien compris qu’ils n’avaient pas beaucoup de temps. Du coup, en quelques secondes ils font amis-amis avec tous les enfants qu’ils croisent. Oublié, le temps ou ils restaient dans nos jambes en jetant des regards par en-dessous.
  • Plan « scabreux » à Etretat : nous voilà partis pour une ballade avec pique-nique, on part sur la plage pensant y trouver un escalier (marqué sur la carte) qui monte jusqu’en haut de la falaise. Arrivés au bout, déception, pas d’escalier (l’escalier est de l’autre côté de la pointe, inaccessible), mais un vague bout d’échelle pourrie. Pascal a bien envie d’y aller mais vu l’état du truc, il convient volontiers que ce ne serait pas sérieux. On pique-nique juste à côté, Pascal jette quelques coups d’œil désolé vers cette échelle (enfin quand je dis « échelle », elle n’est même pas accessible en levant les bras et en se mettant sur la pointe des pieds, il faut escalader pour l’atteindre !) qui nous permettait de faire une boucle (tellement plus fun et mieux qu’un bête demi-tour quand on fait une ballade) mais pour moi il n’en est pas question, c’est vraiment trop scabreux. Le pique-nique se termine, on remballe et Pascal va jeter un dernier coup d’œil à son échelle… un pêcheur arrive sur la falaise avec cannes etc… et que je te passe tout ça en bas, et que je prends l’« échelle pour descendre sous l’œil réjoui de M. Mallard, qui s’empresse de demander si la suite est du même acabit ou non. Apparemment, non… Bref, on est tous montés sur cette échelle et je n’en menais pas large, lui non plus d’ailleurs mais ça valait le coup parce que la boucle, elle, était drôlement chouette, dixit Léo.
  • 27 avril, il est 22h22, on est à quelques kilomètres de Dieppe. Pascal fait la route de demain et moi je savoure d’être allongée au chaud dans mon duvet avec mon nouveau bout de dent tout beau, tout neuf dans la bouche : ça m’a pris la journée à Dieppe mais c’est enfin terminé, on va arrêter de perdre notre temps avec ça. Mon vélo vient de passer les 1000 kilomètres et tout tient sauf la béquille qui a cassé, oups ! Les fesses se tannent mais elles tiennent aussi… Normalement, d’ici 1 ou 2 jours nous devrions repasser devant un Mac Do et prendre le temps de s’y arrêter pour faire une connexion. Les enfants seront ravis et Pascal pourra râler un peu en toute impunité… ! Depuis quelques jours, le temps est moins sec et plus agréable et on voit enfin, détail non négligeable, la face avant des éoliennes !
  • NB : pour ce qui est des commentaires qui ne sont pas tout de suite approuvés ou validés, c’est simplement le temps qu’on trouve une connexion Internet pour les débloquer et, comme on évite les villes, il y en a peu…
    A propos de commentaires, allez jeter un coup d’œil ici sur la prose de Guy qui mérite spécialement le détour !
  • 29/04, Les Tilleuls (près d’Abbeville), Nous sommes dans un camping où, Oh bonheur, il y a une connexion Internet, du coup on prend un peu plus de temps pour écrire, mettre les photos, valider les commentaires… On s’en donne à cœur joie, quant aux enfants, écran géant et WII, c ’est bien simple, ils ne veulent plus repartir. Pourtant, c’est un des camping les moins chers qu’on ait croisés, comme quoi. Lila a fait une belle chute hier en regardant trop longtemps son rétroviseur nouvellement installé. Genou bien râpé, le stock de « Bétadine » et de pansements en prend un coup. Ça pique, mais elle supporte courageusement (à la Lila : tout bloqué !) et après sa chute elle est repartie quand même, bien que plus doucement.

A la prochaine, pourquoi pas depuis la Belgique !

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Sourdeval – Lisieux

18 avril 2010

  • Le vent toujours le vent… Nous avons fait un bivouac le long du Noireau, le meilleur depuis notre départ, un grand merci au monsieur qui nous a laissé son champ. Nous étions dans un joli fond de vallée aux versants pentus (à l’abri du vent), le long du ruisseau donc, et sur un sol plat et moelleux – pour le moment ma meilleure nuit. Et pour couronner le tout il y avait un gros tas de cendre encore rouge, en partie (tellement gros que le pipi de Léo a seulement réussi à faire un petit trou dedans – air ravi du Léo), qu’on a relancé le matin pour nous griller nos tartines, c’était tellement bon qu’on s’est arrêté le sac de pain vide.Direction la Suisse Normande, qui n’a pas que les vaches pour rappeler la Suisse mais aussi les monts et les vaux, et quand on les monte en vélo avec une carriole pour l’un et Lila pour l’autre attachée aux fesses, ça ressemble furieusement à une grosse, une très grosse montagne. En attendant on était loin d’imaginer des paysages pareils en Normandie, c’est très beau, la prochaine fois que l’on voudra se faire une balade type Jura on s’évitera la traversée de la France et on ira en Suisse Normande pour le week-end (on traversera tout de même la France pour aller voir la famille et les amis !). Bivouac un peu en pente dans un champ près de chevaux, Lila est ravie, elle fait tout à côté d’eux : manger, se laver les dents… Pour notre part, nous dominons la vallée brumeuse de l’Orne, avec le soleil couchant rose-orange, c’est assez magique.

    Les enfants pédalent de mieux en mieux, Lila surtout quand on arrive à lui faire oublier qu’elle pédale en faisant des jeux de mots avec elle !

    Du vent, du froid et du soleil, les oreilles sont cramées malgré la crème solaire, seule Anne et son bonnet vissé au crâne (parfois sous la capuche, et le casque par-dessus !) a résisté. Pascal a scotché des bouts de tissus sur son casque du plus bel effet pour protéger ses oreilles du soleil. Preuve que le ridicule ne tue pas, il est toujours vivant ce soir. J’essaie de me tenir à distance sur la route, je ne suis pas certaine d’être aussi résistante que lui sur ce plan…

  • Samedi soir. Nous sommes sur Bretteville sur Laize, où était censé se trouver un camping, on a bien cherché : rien, il est presque 18 heures et nous venons de pédaler plus de 30 km, un record pour nous. Alors, on cherche un champ vide de bœufs, pas facile à trouver, finalement Caroline nous propose de dormir chez elle et son mari, dans une magnifique demeure du 17ème entourée de chevaux.  Nous y mangerons des lasagnes succulentes et ferons la connaissance de Bénédicte et ses enfants Stéphane et Nell(y). Merci à eux pour cet accueil.
  • Dimanche, rencontre chez le boucher : cet après-midi nous allons vers Lisieux. Rendez-vous est pris par maman lundi pour le dentiste, j’ai perdu un gros plombage, ça fait un trou et pour ceux que ça fait rire et bien c’est pas marrant. En route on trouve une pancarte « bienvenue à la ferme », tiens, peut-être un camping et on a vraiment besoin d’une grosse douche, je vais chez le boucher me renseigner pour ne pas faire de kilomètres pour rien (Lila ne nous le pardonnerait pas). Ce n’est pas un camping, mais une cliente présente me propose de venir chez elle, ils ont une ferme et une petite maison en travaux où nous pourrons nous laver. Nous arrivons dans une magnifique propriété avec veaux, vaches, canards et moutons. Les enfants donnent le biberon à Laurent et Léo, deux agneaux et  nous nous couchons à minuit (record pour nous) après une soirée très sympa avec nos hôtes qui se trouvent être Hollandais et nous conseillent ainsi de passer par l’est des Pays-Bas.
  • Pascal nous a fait fondre notre compte en gros mots avec les automobilistes pas toujours très patients pour nous doubler. Il est à la recherche d’un bazooka, d’une hache, d’une tronçonneuse et j’en passe (si vous avez sous la main, on prend, en poste restante).

 

A bientôt, à la prochaine connexion (le prochain Mac Do !)
Les boyaux en folie 

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Pontorson – Sourdeval

13 avril 2010

A deux voix cette fois-ci :

Anne

Y a du vent plein de vent et bien entendu il est de face, pour être honnête il serait de dos on ne s’en rendrait pas compte on aurait juste le sentiment d’être très en forme et d’avancer super bien, mais il est de face… Du coup on avance doucement mais sûrement et le soir on se caille c’est rien de le dire, enfin pour être honnête surtout les parents parce que les enfants Lila en particulier sont en mode chauffage central de maison de retraite, alors que j’ai un tee-shirt manches longues, une polaire légère, une polaire épaisse, le KWay et bonnet plus deux capuches, elle se balade en short et tee-shirt et se paie le luxe d’avoir les mains chaudes ! Bref, le soir dans le duvet grand froid je me dis que je vis ma journée pour ce moment-là, même si le matin il ne fait que 3°C dans la tente c’est quand même le pied. Actuellement nous nous trouvons près de la grande cascade de Mortain et le spectacle est très chouette ainsi que le bruit de l’eau en plus il y a du soleil et nous sommes à l’abri du vent, manque plus qu’une connexion Internet pour envoyer ma prose et voir les vôtres !

Pascal assume parfaitement les habits séchant derrière lui accrochés au fanion de la remorque, même quand ce sont des culottes avec sur l’une d’elle l’imprimé « Lucky in love » ! Comme ça, les gens qu’on croise ont tous l’air content de nous voir.

Pascal

La voie verte de Pontorson à Mortain, aménagée sur une ancienne voie ferrée. Royal, malgré le vent de  face permanent qui finit par user. On survole la campagne  normande comme sur un tapis volant (à pédales…), par-dessus les vallées, au travers des collines. Ruisseaux aux eaux claires, vaches rustiques embourbées dans les champs, petits bois, hameaux, et quelques superbes bâtisses anciennes à tourelles, aux murs de pierre et aux toits d’ardoise à pans multiples. Ca monte, doucement mais longtemps, et l’arrivée au camping de Mortain (étendue d’herbe derrière la chambre d’agriculture avec une belle vue en surplomb) est laborieuse.

P.S. : à ne pas louper, au pont de Pontaubault, les délicieuses brioches de la boulangerie, en rive gauche de la Sélune.


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Vezin-le-Coquet – Pontorson

9 avril 2010

 

Ca y est on est parti. Pour le moment je ne vois pas trop la différence avec une sortie d’une semaine mais je suppose qu’après quelques semaines le souvenir d’un matelas moelleux et d’une douche chaude à volonté me fera prendre conscience.

Nous avançons plus doucement que ce que nous avions prévu ; Lila a mal aux jambes, mieux vaut ne pas trop en faire et rester en selle 5 mois plutôt que devoir rentrer plus vite. Et puis même si nous pédalons moins que prévu cela ne nous laisse pas beaucoup de temps pour faire tout le reste. En fait le soir nous nous couchons vers 21h30 et nous n’avons pas eu beaucoup de temps pour regarder les corneilles… (pour éviter des rallonges j’avais fusionné regarder le temps qui passe et bayer aux corneilles, mais il semblerai que ce soit pas très clair, alors je fais des rallonges pour expliquer).

Actuellement je suis dans le Mac Do de Pontorson (pour récupérer le wifi), tête de Pascal, sourires des enfants et de moi-même !

Petite anecdote en passant : nous avons tout de même réussi à oublier quelque chose à la maison : les gamelles. Heureusement nous n’étions pas trop loin et belle maman et beau papa ont accouru à notre rescousse en y ajoutant des chocolats, ça valait la peine.

Et pour finir avant de partir en visite au Mont Saint Michel, mention spéciale aux toilettes publiques de Bazouges-la-Pérouse près du cimetière, certainement moins citées dans les guides que l’église à trois nefs qui les jouxte mais qui méritent tout de même le détour : propres, spacieuses, logées dans une ancienne bâtisse en pierres très pittoresque. C’est parti pour le tour d’Europe des plus belles toilettes publiques (si si, vous aurez droit à tout !).

Une dernière chose encore, nous sommes actuellement dans un camping 3 étoiles. A notre arrivée, Pascal dit à Lila « c’est civilisé ici… », et Lila : « C’est quoi, « civilisé » ? ». Anne : « C’est les haies bien taillées, la piscine, le toboggan, les jeux, quand c’est bien propre… ». Lila : « Moi j’aime  bien quand c’est civilisé ! ». Structure gonflable, piscine (extérieure, pas chauffée, mais Lila veut y aller), douche chaude interminable pour Léo, bref le bonheur pour les enfants. Allez, on y redort ce soir !

A la prochaine connexion et en attendant portez-vous bien.

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6/4/2010

Le bord du canal. Nous venons de quitter l’avenue, sa bande cyclable symbolique, les voitures pressées qui rentrent de leur pause déjeuner, nous frôlent et nous klaxonnent. Vent dans le dos, soleil et odeur de printemps, le chemin de halage roule bien. Début du voyage !