Archive for the ‘France’ Category

Chichester – Vezin

14 août 2010

10 août, 7h30 heure française. A l’approche de Saint-Malo, le plafond est gris et bas, l’horizon bouché. Les courants d’air balayent le pont avant désert du Bretagne, rendu brillant par la pluie. Emergeant de la grisaille, la silhouette de Cézembre se détache sur bâbord, puis la côte tout autour. Bientôt la fin du voyage, la maison n’est plus bien loin… Un matelot en cotte orange ouvre la lourde porte métallique qui donne accès au pont glissant et la bloque ouverte. Sautant la balustrade, il vient hisser à la proue le drapeau breton qui se raidit dans le vent. Puis il repart aussi vite. Qui a dit « mondialisation » ? Le temps d’écrire ces lignes, la tourelle verte du Buron défile sur tribord, au ras de la coque. Et Dinard, pas pressée de se réveiller. La maison n’est plus bien loin. Fin de la paranthèse…

La nuit précédente, nous avons planté la tente peu après Chichester, dans un grand carré d’herbe proche de la route, en annexe d’un parc à caravanes. Tout un groupe sympatique s’y est retrouvé pour faire la fête, avant de se séparer pour les vacances. Les enfants jouent fort tard avec des bâtons lumineux qui dessinent un joli ballet dans la nuit.

Le lendemain, le trajet jusqu’à l’embarcadère de Portsmouth se déroule sans encombre. Une piste cyclable longeant les quatre-voies au trafic intense nous mène jusqu’au centre-ville. Au comptoir de la Brittany Ferries, nous prenons nos places pour le bateau du soir. Il n’y a plus de cabine disponible, au grand dam de Léo.

Nous passons l’après-midi sur l’esplanade du bord de mer, au sud de la ville, près du dinosaure géant et de l’arrivée de l’overcraft – impressionnante machine. Dernier fish & chips, gras à souhait. Et, pour les enfants, quelques tours de manège dans la fête forraine. Lila essaie les grosses bulles en plastique gonflées d’air dans lesquelles on s’introduit et qui flottent sur l’eau. Elle court à l’intérieur, tombe, se relève, retombe, n’avance pas, crève de chaud… Vu de l’extérieur, c’est très drôle !

Embarquement, découverte du bateau, dîner au self, dernier petit tour sur le pont et dodo. C’est qu’on arrive tôt le matin, 6h30 heure anglaise ! Les enfants dorment tant bien que mal sur les sièges inclinés, nous on finit par terre sur la moquette.

A Saint-Malo, notre première arrêt est pour une boulangerie. VRAIS croissants, VRAIE baguette. Il bruine. On finit par s’installer pour le petit déjeuner sous les arches en pierres au pied de la tour Solidor. Quelques personnes promènent leurs chiens ou vaquent en direction des bateaux, la ville s’éveille. Puis nous voilà partis par les petites rues, les petites routes. Jolies maisons, ancien moulin à marée, cris des goëlands et haubans qui tintent contre les mât en aluminium… Nous redécouvrons Saint Malo, puis les bords de la Rance. Pour la pause du midi, le porche de l’église de Saint-Suliac nous abrite des derniers passages de pluie. Les nuages roulent et laissent passer quelques rayons de soleil. On se dit qu’on habite un beau pays. C’est agréable aussi d’entendre parler français et de comprendre à nouveau les mots échangés. D’ailleurs les enfants n’arrêtent pas de hurler : « Ils parlent français ! C’est des Français ! » Oui mon chéri, c’est normal, parle moins fort s’il te plaît… Nous traversons la Rance au petit pont du port Saint-Hubert et rejoignons enfin le chemin de halage à l’écluse du Châtelier, rendu « collant » par la pluie. Les passages de bruine continuent à se succéder, à peine assez longs pour qu’on ait le temps d’enfiler la cape. Nous finissons la journée au camping après Saint-Domineuc et à la crêperie. Flemme de chercher un champ, flemme de faire à manger, ça sent la fin !

Et c’est le dernier jour, 11 août. Nous décollons tôt et quittons le canal juste après les écluses de Hédé, pour arriver à Saint-Gilles le midi chez les parents de Pascal. A l’entrée de Saint-Gilles, nous nous pesons sur le pont-bascule de la zone artisanale. 400 kg tout compris pour tous les 4, 4 mois, 4000 km. Retrouvailles, bon repas. Nous repartons vers Vezin, le ventre plein. On va vite quand même et les 7 kilomètres paraissent bien courts aux enfants, qui avaient gardé en tête le souvenir d’une route interminable ! La maison n’a pas changé, bien sûr, à part le devant un peu en friche. Ca fait vraiment 4 mois qu’on est partis ? Les copains qui sont passés nous ont laissé des petits mots sympas, et un grand drap « Bienvenue » écrit dans toutes les langues. Ce soir on dormira dans notre lit. Demain on fera sécher les tentes et on les remisera… Allez, pour pas trop longtemps !

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Hazebrouck – Deinze

10 mai 2010

A Gode-qq-chose, peu après Hazebrouck, on utilise notre bon de dernier petit-déjeuner français (les intéressés comprendront). La boulangerie du bled n’était malheureusement pas à la hauteur de cette grande occasion, pas grave, on se rattrapera au retour.

La Belgique, Flandre Occidentale.  Le paysage n’est pas très différent des Flandres françaises, les maisons sont en brique aussi, mais souvent modernes et originales. Tout est propre, bien entretenu, bien taillé, bien rangé. L’espace est très urbanisé, il est difficile de trouver un petit coin de nature pour pique-niquer ou faire son pipi. On traverse aussi, du côté de Roeselare, des zones industrielles pas folichonnes. La plupart des routes sont dotées de pistes cyclables (dignes de ce nom). Et surtout, le comportement des automobilistes change, par rapport à la France : le vélo a toute sa place sur la route et n’est pas considéré comme un obstacle à franchir ! Nous avons moins peur pour les enfants. Les gens nous laissent passer, si nous nous pressons ils nous font signe de prendre notre temps, du jamais vu.

Ieper, notre première ville belge, vit dans – et sur ! – le souvenir de la première guerre mondiale, au cours de laquelle la ville a été totalement détruite (et les photos, en effet, sont impressionnantes). Une cérémonie a lieu chaque soir sous l’imposant monument aux morts de la porte de Menin, et les Allemands restent encore malvenus.

En y arrivant, petit coup de blues au moment de se loger, le camping est en travaux, une grande ville, les gens ne parlent pas comme nous, des vélos partout qui foncent (quelle calamité, ces vélos, ils sont les rois), les pancartes racontent des trucs qu’on comprend pas, un peu le mal du pays je crois. Il s’atténuera dans un B&B et disparaîtra le lendemain quand nous demanderons à un agriculteur si nous pouvons dormir dans un de ses champ et qu’il nous répondra en Flamant « Oui, là ? » avec un grand sourire. Il ne parle ni français, ni anglais, heureusement nous avions demandé à la dame du B&B de nous faire un petit mot en flamand. La transition vers l’étranger se fait tout de même en douceur puisque la majorité des gens parle le français. Enfin, passé la frontière et ses monts (Mont Noir et autres – on y trouve même un télésiège) nous sommes dans le plat pays pour de vrai. On se retient pour ne pas rire lorsqu’un habitant francophone chez qui on est allé chercher de l’eau et qui nous raconte sa région nous désigne la vague ondulation de terrain fièrement appelée ici « la montagne ». A côté, Vezin est perché sur l’Everest.

Côté temps, le vent, le froid et la grisaille continuent à nous faire front. Les lumières automatiques du vélo de Anne s’allument en plein midi.

On allait oublier de vous parler des vaches, du jamais vu, un cul, on dirait celui d’un cochon. En fait, je me demande si ce ne sont pas des vaches OGM ? Si vous avez la réponse…

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Le Burel – Hazebrouck

10 mai 2010

Comme ils sont beaux

Le Pas-de-Calais. Pays « sinistré », dixit un député du coin (cité dans le Canard). Oui, ça y ressemble. A Aubin-Saint-Vaast, installés (gracieusement, avec l’autorisation de la mairie) en bordure de la mosaïque de Mobil homes du week-end qui constitue le camping municipal, nous sommes regardés de travers par les riverains qui nous prennent pour des vagabonds (risquant de venir les voler dans la nuit ?). Vu à deux reprises, vers 13h, un gars du coin raide beurré soutenu jusqu’à sa voiture par un compagnon d’apéro ou patron de bar – mauvaise heure pour être sur la route. A côté, les Bretons font petits joueurs.

Le Nord. Début mai, nous voici dans le Nord. Avec toutes ses maisons de briques. Avec la pluie du Nord. Puis le vent du Nord, qui nous freinera jusqu’en Belgique. Et le froid. Et, plus sympathique, l’accent du Nord, du monsieur et de la dame âgés qui nous ont gentiment accueillis pour une nuit dans leur pâture, passé le premier moment de méfiance – il nous est arrivé de dire oui au pif, après s’être fait répété la même chose trois fois et n’avoir décidément rien compris. Plat pays, pas encore, enchaînement de montées et de descentes, quasi-pire qu’en Suisse normande – en moins joli, plus de cultures, très peu de bois ou de haies. Bref, le Nord est un grand champ couvert de briques et balayé par un zef glacial dont les occupants parlent une langue obscure. Mais non, on rigole, il y a aussi les frites et la bière. Et puis, on a aussi de la famille et des amis ici (ah bon, plus nos amis ???).

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Léo – 9 mai – Repos-visite

10 mai 2010

Aujourd’hui, nous avons pris le train pour aller à Bruges. En arrivant, j’ai aperçu une grande roue, fermée, et Lila a vu des balades en calèches, qui se sont arrêtées pour laisser passer des coureurs qui remplissaient la ville de bouteilles d’eau. Après, il fallait faire attention, car si quelqu’un marchait su une bouteille, un jet d’eau jaillissait et arrosait tout le monde. Mon jeu préféré ! Ensuite, nous avons pris le bateau et des bébés canard passaient à côté de nous.

Léo – 8 mai – Des bébés

10 mai 2010

Aujourd’hui, nous nous sommes arrêtés dans un parc où nous avons mangé. C’est là que j’ai trouvé des morceaux d’œuf semés que j’ai suivis pour arriver devant une portée de bébés poule d’eau qui sont passés juste à côté du banc où on mangeait et qui faisaient un bruit d’enfer. A la fin du repas, j’ai fait le tour du parc qui traversait la forêt et j’ai trouvé un nid sur une branche de saule pleureur dans l’eau où la poule est venue avec ses petits.

Léo – 6 mai – Chambres d’hôtes

10 mai 2010

Hier, nous avons trouvé une quinzaine de trèfles à 5 feuilles, ce qui a fait s’évaporer notre chance (4 = chance / 5 = poisse). Du coup, on a le vent de face (sans blague !) et nous avons comme moyenne 8 km/h. Nous sommes arrivés à Ieper pour acheter des casques que Lila et moi nous nous étions fait voler, et nous sommes arrivés à l’office de tourisme quand il fermait. Nous avons trouvé un hôtel à 120 euros que nous avons quitté (devinez pourquoi ?) pour aller dans une chambre d’hôtes à 80 euros. Dans la chambre, c’était génial, même si la télé qui s’y trouvait était en Flamand (en Belgique, on risque d’en voir beaucoup), et si on touchait un bouton dans la douche, des vapeurs sortaient et nous brûlaient.

Léo – 4 mai – Les trèfles

10 mai 2010

Aujourd’hui, nous nous sommes réveillés dans un camping où nous avons trouvé des dizaines de piquets (de tente) abandonnés. Le matin, en regardant dans un petit champ de trèfles, j’ai cherché l’impossible, un trèfle à plus de trois feuilles, un trèfle à 4 feuilles. Après cette découverte, j’en ai cherché d’autres et j’ai trouvé 7 trèfles à 4 feuilles, 1 à 5 feuilles, 1 à 6 feuilles et 1 à 7 feuilles (impressionnant, non ?). La suite était prévisible, vent dans le dos, Mc Donald, et la possibilité de jouer aux jeux vidéo ou de lire des BD.

Léo – Le bonheur de l’handicap

10 mai 2010

Lila s’était brûlé le genou en tombant. Elle nous disait qu’elle avait mal en pédalant et, du coup, Papa l’a tirée toute la journée (n’empêche qu’elle a réussi à déraciner un arbre). Nous avons atterri dans un camping pour mobil homes où nous avons fini par arriver après 3 km d’allers-retours. Nous avons campé dans un trou perdu où Lila a regretté d’être allé aux toilettes sans papier.

Lila – 1er mai – La journée

10 mai 2010

Le matin, on se réveille et, quand on a le temps, on joue aux jeux au lit. Après, on s’habille et il y a de l’eau partout. On prend le petit-déjeuner, on remballe les tentes, … A peu près à 10h30, on part à l’aventure. Hier, Papa m’a tirée toute la journée, mais des fois il ne me tire jamais et en plus j’avais mon bobo. On mange à midi trente ou 1 heure de l’après-midi, on remballe la nourriture et c’est reparti pour un tour. A 17-18h du soir, on a trouvé un coin pour dormir. Mais à 15h on cherche un coin pour goûter. Pas tous les soirs, on regarde un film, et on dort.